Germain Assih est aujourd’hui le visage d’un renouveau dans l’engagement climatique des jeunes en Afrique. En tant que directeur exécutif de l’Association des Jeunes Engagés contre le Changement Climatique (AJECC) , il invite les étudiants et jeunes professionnels à sortir de l’ombre et à prendre place aux tables de négociation où se dessinent les politiques environnementales du continent.
Son credo : former non seulement des militants, mais des négociateurs climatiques aguerris.
Sous son impulsion, l’AJECC a lancé la Youth Environment Negotiators Academy (YENA), un programme d’envergure qui ouvre ses portes à une génération de jeunes africains âgés de 18 à 35 ans. Cette académie vise à les doter des compétences nécessaires pour appréhender les accords internationaux, négocier des positions, intervenir en anglais et en français, et se positionner comme acteurs à part entière lors des grandes conférences comme les COP.
Pour Assih, cela ne suffit plus de sensibiliser : « dans un contexte où les décisions prises lors de ces négociations influencent directement l’avenir des générations futures, il est essentiel de disposer d’une relève compétente ».
De l’engagement local à l’action internationale
Issu d’un parcours académique mêlant sciences de l’environnement et changement climatique et un Master « Forêts et Changement climatique » de l’Université de Lomé en cours , Assih sait combien l’enjeu est autant local qu’international.
Il a piloté avec l’AJECC des actions concrètes : reboisements, campagnes de nettoyage littoral (« Together4Ocean ») et sensibilisation dans les écoles, des projets liés à la préservation de la biodiversité et de la justice climatique. Mais son ambition va au-delà : il souhaite que les jeunes Togolais, et plus largement africains, puissent un jour représenter leurs pays à la COP, défendre leurs positions et influencer les accords.
Ce qui distingue Germain Assih, c’est cette conviction qu’il ne s’agit pas uniquement d’être présent, mais d’être préparé, écouté et opérationnel. Par son académie, il veut créer un réseau durable de jeunes négociateurs qui ne se contentent pas de participer, mais qui agissent, convainquent, négocient et signent. Il parle d’un véritable changement de paradigme : que les jeunes deviennent acteurs des décisions qui les concernent, plutôt que spectateurs.
En perspective
À l’horizon, Assih vise à voir la Youth Environment Negotiators Academy (YENA), former des leaders capables de prendre la relève sur le continent africain, de parler le « langage climatique », de siéger aux tables de négociation et de porter la voix de leur génération. A-t-on déjà vu, il y a quelques années, un tel programme structuré consacré aux jeunes négociateurs en Afrique ? Pas vraiment. Et c’est précisément là que se trouve toute la force de l’engagement de Germain Assih.
Par Hector Sann’do NAMMANGUE





