Les Amis de la Terre-Togo mobilisent autour d’une Transition Énergétique Juste face aux pièges des ressources minières critiques

Dans le cadre de son plan annuel 2025 et de sa stratégie visant à « renforcer les rôles centraux des femmes et des jeunes dans les processus décisionnels de gouvernance environnementale et énergétique », l’ONG Les Amis de la Terre-Togo (ADT-Togo) a organisé un atelier de réflexion sur les impératifs de la Transition Énergétique Juste (TEJ) et les pièges liés à l’exploitation des ressources minières critiques au Togo.

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Une double problématique pour le Togo

Comme de nombreux pays riches en ressources naturelles, le Togo est confronté à un dilemme : d’une part, la nécessité urgente d’engager une véritable transition énergétique pour lutter contre les changements climatiques ; d’autre part, les risques sociaux et environnementaux liés à l’exploitation de minerais critiques tels que le manganèse, le lithium ou le cobalt, indispensables aux technologies vertes.

« Ces minerais, présentés comme essentiels pour les batteries solaires ou les éoliennes, s’accompagnent souvent de pollutions, d’accaparements de terres et de modèles économiques extractivistes qui ne profitent pas aux populations locales », a rappelé l’ONG, insistant sur l’importance d’une gouvernance inclusive et durable.

La mise en garde de l’ONG

Dans son intervention, Kokou Amegadze, Directeur exécutif des Amis de la Terre-Togo, a précisé la démarche de l’organisation :

« Aujourd’hui, nous avons réuni quarante étudiants et représentants de la société civile pour réfléchir aux enjeux de la transition énergétique juste en lien avec l’exploitation des minerais critiques. La transition suppose d’abandonner progressivement les énergies fossiles au profit des renouvelables, comme le solaire ou l’éolien. Mais cette transition nécessite justement l’utilisation de minerais dits critiques, car localisés dans des zones précises du monde, comme le manganèse au Togo ou au Gabon, le lithium en Argentine, au Brésil et au Chili, ou encore le cobalt en RDC. »

Kokou Amegadze, Directeur exécutif des Amis de la Terre-Togo

Pour lui, cette concentration géographique crée des tensions et des impacts majeurs : « Sur le plan social, cela entraîne l’accaparement de terres et des conflits. Sur le plan économique, les populations locales ne bénéficient pas vraiment de la valeur de ces ressources. C’est pourquoi il faut penser une gouvernance responsable et inclusive afin d’éviter de compromettre nos ressources naturelles, notre économie et le vivre-ensemble. »

L’éclairage d’un expert en gouvernance minière

L’expert en gouvernance minière , Basile Takpa a, quant à lui, insisté sur le paradoxe de ces minerais dits « propres » : « Ils sont stratégiques pour la transition énergétique, mais comportent un revers important : des impacts environnementaux et sociaux majeurs. Nous avons montré que de nombreux pays producteurs, loin d’en tirer profit, se heurtent à la perte des terres agricoles, à la contamination des sols et au bouleversement de la biodiversité. »

L’expert en gouvernance minière , Basile Takpa en pleine présentation

Il a également pointé le manque de transformation locale, qui empêche la captation des flux financiers par les pays producteurs. Revenant sur le projet de Nayega  lié au manganèse, il a appelé à la vigilance : « Avec Les Amis de la Terre, nous devons préparer une veille citoyenne pour éviter de tomber dans les pièges environnementaux et sociaux que nous avons identifiés. »

Selon lui, impliquer les jeunes dans ce processus est essentiel : « Ces étudiants doivent devenir demain de véritables acteurs de la veille citoyenne pour défendre l’environnement et veiller à une exploitation plus juste. »

Il faut noter que cet atelier a eu pour but de : sensibiliser les acteurs clés sur les principes fondamentaux d’une Transition Énergétique Juste adaptée au Togo ;identifier les risques et impacts socio-environnementaux liés à l’exploitation minière critique ; alerter sur la nécessité de concilier énergies renouvelables et respect des droits fonciers, en particulier pour les femmes ; jeter les bases d’un plaidoyer commun en faveur d’une transition inclusive et respectueuse des droits humains.

Kokou Amegadze s’entretenant avec les participants

Réunissant 40 participants (fonctionnaires, représentants estudiantins et membres d’organisations de la société civile), l’atelier s’est appuyé sur des exposés techniques, des études de cas notamment celle du projet de manganèse dans la Kpendjal-Ouest , des travaux de groupe et des débats interactifs.

À l’issue des échanges, les participants sont ressortis mieux informés et mobilisés, prêts à s’engager dans des actions de plaidoyer. Une liste de recommandations sera produite pour orienter les décideurs vers des politiques énergétiques plus inclusives et durables.

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