Quand entreprendre rime avec justice climatique et sociale

À la tête d’Auréole Monde Innovation, Elsa Badjoumé Ndambakole défend un modèle économique centré sur l’humain, l’environnement et la justice sociale. Interrogée par Vert-Togo lors de la table ronde organisée par Entrepreneurs du monde, mercredi dernier à Lomé, l’entrepreneure sociale plaide pour une microfinance au service de l’économie sociale et solidaire, inscrite dans une dynamique d’inclusion, de durabilité… et de respect de la dignité menstruelle  un combat qui rejoint également les enjeux écologiques.

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Pour elle, il est temps de rompre avec les logiques strictement capitalistes qui dominent les institutions financières. « Le capitalisme n’est pas la meilleure option pour aider les populations, car il est basé uniquement sur le profit », affirme-t-elle. Elle prône un ancrage fort des microfinances dans l’économie sociale et solidaire (ESS), qui allie justice sociale, solidarité économique… et responsabilité environnementale.

Dans un monde confronté à des crises écologiques majeures, une microfinance durable permettrait non seulement de financer des projets à fort impact social, mais aussi de soutenir des activités respectueuses de l’environnement : agroécologie, artisanat local, recyclage, énergies renouvelables. « L’ESS est une opportunité pour financer autrement, avec un vrai souci de l’impact », souligne-t-elle.

Dignité menstruelle et déchets plastiques : repenser nos modèles de production

Son engagement en faveur de la dignité menstruelle révèle également une dimension environnementale forte. « Il ne s’agit pas seulement d’hygiène, mais de droit. Et cela concerne toute l’humanité, car sans menstruation, la reproduction s’arrête. » Or, le marché actuel des protections menstruelles est largement dominé par des produits jetables, non biodégradables, à forte empreinte carbone. Ce modèle crée une pollution invisible mais croissante, notamment en zones rurales où les déchets ne sont pas collectés.

À travers Auréole Monde Innovation, Elsa promeut une production locale de solutions menstruelles écologiques et durables, fabriquées avec des matériaux réutilisables et biodégradables. Cette approche conjugue lutte contre la précarité menstruelle, réduction des inégalités et protection de l’environnement. « Une entreprise qui fabrique des produits menstruels dans une logique sociale et solidaire a toute sa place dans l’économie verte et circulaire », insiste-t-elle.

Soutenir les femmes pour construire une économie écologique inclusive

« Les microfinances travaillent souvent avec des femmes vulnérables. En les soutenant, on agit directement sur leur autonomisation financière. »

Et cette autonomisation est aussi un levier environnemental, car les femmes jouent un rôle central dans la gestion durable des ressources naturelles, que ce soit dans l’agriculture, l’énergie ou la gestion des déchets. En finançant des activités génératrices de revenus durables portées par des femmes, la microfinance sociale peut devenir un moteur de la transition écologique.

Elsa plaide ainsi pour une convergence des politiques publiques, des acteurs du développement et des initiatives communautaires pour soutenir ces institutions financières alternatives : « Si les microfinances doivent prêter à des taux raisonnables, il faut les aider, les accompagner. » Pour elle, il est urgent d’aligner l’économie avec les besoins de la planète et des populations.

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