Récupérer les avoirs volés, c’est aussi protéger l’environnement

À Lomé, une bataille discrète mais décisive s’engage pour remettre la main sur les richesses illégalement soustraites à la République. L’Alliance nationale des consommateurs et de l’environnement (ANCE-Togo) a réuni, jeudi 8 mai 2025, une quinzaine de journalistes autour d’un atelier de sensibilisation. Objectif : mobiliser les médias en faveur de la création d’une agence nationale de recouvrement des avoirs volés, un levier essentiel  aussi pour renforcer la gouvernance environnementale.

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« Nous avons des institutions, certes, mais l’absence d’un organe dédié limite considérablement l’efficacité du système en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et la corruption », déplore Précilia Djodji, directrice exécutive de l’ANCE. À ses yeux, le lien entre enrichissement illicite et effondrement écologique est bien réel, mais rarement documenté.

Car les crimes économiques ne sont pas sans impact sur les écosystèmes. L’orpaillage illégal, les coupes de bois clandestines, les permis d’exploitation opaques dans les zones protégées… Autant de pratiques souvent couvertes par la corruption.

 « Créer une agence de recouvrement, c’est aussi s’attaquer à ceux qui détruisent l’environnement en toute impunité, et qui profitent ensuite du système pour blanchir leurs gains », insiste Mme Djodji.

Selon les explications de Fabrice Ebeh, le président de l’ANCE TOGO qui a intervenu en appel video , 50 milliards de francs CFA s’évaporent chaque année en Afrique dans des circuits parallèles.

Des ressources qui pourraient pourtant financer des projets de reboisement, d’assainissement urbain ou de résilience climatique dans les zones les plus vulnérables. Le plaidoyer porté par l’ANCE s’inscrit donc dans une logique de justice écologique et sociale.

Et c’est là que les médias environnementaux entrent en scène. En formant les journalistes aux mécanismes du blanchiment et du recouvrement d’avoirs, l’ANCE-Togo espère stimuler une nouvelle génération d’enquêteurs engagés pour la transparence, capables de relier les faits économiques aux dégâts écologiques.

La proposition est ambitieuse : obtenir l’adoption d’une loi instituant une agence nationale, dotée de moyens d’enquête, de coopération internationale et de pouvoir de gestion des biens confisqués. Le modèle existe ailleurs en Afrique au Sénégal, au Nigeria  mais tarde à se concrétiser au Togo.

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