Dans la préfecture de Zio, comme un peu partout au Togo, les feux de végétation représentent un défi environnemental et socio-économique récurrent, menaçant la biodiversité et les moyens de subsistance des communautés locales.
Selon le capitaine AKPLA Yao, Directeur préfectoral de l’environnement et des ressources forestières de Zio, les données de la campagne 2022-2023 révèlent que près de 20,41 % du territoire ont été affectés par ces feux, provoqués par des causes multiples.
« Les principales causes incluent les feux de chasse, les feux de récolte de miel sauvage, les feux de culture en début et en fin de saisons agricoles ainsi que les feux déclenchés par les éleveurs pour provoquer la repousse de la végétation », explique le capitaine AKPLA Yao. Il souligne également l’impact des feux criminels et accidentels, souvent dus à l’imprudence des fumeurs, des malafoutiers, des carbonisateurs ou encore des voyageurs qui abandonnent des foyers mal éteints.
L’utilisation du feu par les chasseurs comme moyen de chasse est particulièrement préoccupante. « Ces derniers, en mettant le feu pour débusquer leur gibier, abandonnent souvent l’incendie, qui devient incontrôlable et ravage la végétation alentour. Ce phénomène s’aggrave en période de sécheresse et dans des conditions climatiques favorisant la propagation rapide des flammes », alerte-t-il.
Une réglementation stricte, mais des défis persistants
Pour lutter contre les feux incontrôlés, plusieurs dispositions réglementaires ont été mises en place. Le capitaine AKPLA Yao rappelle le Décret n°74-160 du 17 octobre 1974 relatif aux modalités d’organisation de lutte contre les feux de brousse et instituant les feux précoces ; la loi n°2008-09 du 19 juin 2008 portant code forestier, notamment en ses articles 64 et 124, renforcés par les articles 792 et 793 du nouveau Code pénal. Ces textes prévoient des sanctions à l’encontre des contrevenants.
Cependant, l’application de ces lois reste un défi. « Il est crucial que les populations soient sensibilisées pour éviter des conflits avec la loi et prévenir les désastres liés aux feux incontrôlés. Nous utilisons des canaux comme la radio pour toucher un large public et nous menons des campagnes de proximité auprès des autorités locales, des communautés, des élèves et des chefs traditionnels », précise le capitaine AKPLA Yao.
Un enjeu exacerbé par le changement climatique
Le changement climatique aggrave la virulence des feux de végétation, rendant la situation encore plus préoccupante. Le directeur préfectoral de l’environnement et des ressources forestières de Zio appelle à une responsabilité collective : « Les parents doivent sensibiliser leurs enfants pour qu’ils ne s’amusent pas avec le feu. Il faut également proscrire des pratiques telles que la chasse avec le feu, qui cause des ravages considérables. »
Malgré ces efforts, le chemin reste long pour freiner ce fléau. « Chacun doit contribuer à la lutte contre les feux de végétation. Les partenaires dont les ONGs, les média ne sont pas du reste. Nous espérons que les populations adopteront des comportements plus responsables pour préserver nos écosystèmes et protéger nos ressources naturelles », conclut -il.



