Depuis 2013, le Projet d’Appui au Secteur Agricole (PASA) appuie la relance des productions de café et de cacao au Togo. Cet appui touche tous les maillons de ces deux filières et permet aujourd’hui à celles-ci de reprendre vie après un constat de baisse drastique des tonnages annuels produits.
Aujourd’hui, la tendance est en train de se renverser suite aux efforts de redressement engagés par l’État togolais et les partenaires Techniques et Financiers.
À tous les niveaux, un nouveau dynamisme est observé pour relever le niveau de production de ces deux cultures qui contribuaient au plus fort de leurs productions pour 22 % aux recettes d’exportation et pour 4% au PIB national.
Des sites de production de matériel végétal en réhabilitation et opérationnels
La productivité d’une plantation de café et de cacao dépend beaucoup de la qualité du matériel végétal de qualité, le PASA a financé la réhabilitation des quatre Centres de Production de Matériel Végétal de Café (CPMV) de l’UTCC (Unité Technique Café et Cacao) notamment leurs systèmes d’irrigation.
Ces centres sont répartis dans quatre (4) villages à savoir Azafi (Préf d’Amou) et DanyiDzogbégan (Préf d’Akébou ), Ezimé (Préf d’Amou) et sont les lieux de production et de distribution de boutures racinées de cafeier, de plants agroforestiers de plants de poivrier , et bientôt de rejets de plantain.
Forte de ces acquis, la fourniture de boutures racinées de caféier aux planteurs a pris de l’ampleur et a atteint 1871 994 boutures racinées de caféiers distribuées pendant 4 années sur une prévision de 1 820 000 (102,86%) à 2600 producteurs dont 145 femmes.
Des actions sont en cours pour permettre l’extension et le renforcement du système d’irrigation des champs semenciers pour améliorer le niveau de production de semence de cacao.
Ces sites tenus par l’ITRA / CRAF sont situés à Zozokondji (Préf d’Agou ) et à Klabè Azafi (Préf de Wawa). Les niveaux de production de cabosses de cacao sélectionné sont passés de 16 000 en 2013 à 30 000 cabosses en 2016.
Les jeunes togolais s’intéressent à la culture du café-cacao
Les appuis ralliés à la filière café cacao à travers la mise à disponibilité du matériel végétal les sensibilisations et les formations ont permis de booster la production. C’est ce que M. Dovlo kodjo , le Directeur de l’Unité Technique Café Cacao soutient.
« Si nous prenons le café, avant le projet la situation de référence qui donnait 11 000 tonnes de café mais à la fin , l’évaluation de la DSID a donné 17 010 tonnes de production estimé en 2016 et pour le cacao la situation de référence c’était de 6230 tonnes. A la fin du projet nous sommes à 10 300 tonnes. Cette augmentation constatée a eu un impact positif sur les emplois créés sur toutes les chaînes de valeur. On note ainsi un regain d’intérêt, les jeunes togolais s’intéressent de plus en plus à la culture. », explique t-il.
C’est le cas d’ Agbessi Efla, producteur de cacao à Agou qui affirme que son tuteur était producteur de cacao et que c’est lui qui l’a transmis cette passion pour la culture des cacaoyers.
« Moi aussi, je rêvais d’être comme lui tellement, j’avais l’amour pour la terre. Même si je ne suis pas totalement arrivé à la fin de mes études. Je sais au moins que j’ai une plantation de cacaoyer. Au début, je cueillais les cacaos et j’enlevais les pépins que je replantais. », narre t-il.
Avant d’ajouter « Mais avec l’arrivée de PASA nous avons bénéficié d’une nouvelle variété améliorée que nous avons adopté et qui se passe bien. »
La méthode du recépage
La campagne de sensibilisation a accepté le recepage qui a été actionnée. L’opération qui consiste à couper les anciens caféiers ce qui permet d’améliorer le rendement. Le PASA a appuyé les producteurs avec 560 tonnes d’engrais spécifiques. Quant aux caféiers, l’opération a permis de receper environ 2500 ha.
« C‘est cette pratique qui nous a montré que le recepage et l’engrais, c’est mieux par rapport aux années passées. Avec les cacaoyers, ce sont les traitements phytosanitaires avec le PASA, qui nous a permis d’initier des opérations pilotes de traitement des plantations donc la première année nous avons prévu un objectif de 500 ha comme cela a bien marché , le PASA a accepté de doubler la superficie et nous sommes passés à 1000 ha. »,a indiqué M. Dovlo kodjo, le Directeur de l’Unité Technique Café Cacao.
« Avant, sans le traitement, je récoltais au total 350 kg de cacao, mais avec le traitement phytosanitaire, je récolte désormais jusqu’à 500 kg. », témoigne kodjo Gah, un autre producteur de café cacao.
Des défis majeurs pour la filière café-cacao
« En effet, bien que le Togo ne soit pas un grand pays producteur du café et du cacao, ces deux (02) produits occupent parmi les productions agricoles d’exportation traditionnelle, respectivement le 2e et 3e rang après le coton et contribuent à la formation de 1,4 % de la richesse nationale et 5,5 % du secteur agricole. », a déclaré le ministre Kodjo Adédze en charge du Commerce lors du lancement de la campagne 2019-2020 de la commercialisation du café cacao togolais lancée en octobre dernier.
Le ministre Bataka de l’Agriculture souligne que le gouvernement a confié au secteur agricole le rôle important de moteur de la création d’emplois. Pour relever le défi, ce secteur s’est « doté d’une note de politique agricole assortie d’un plan stratégique de transformation du secteur agricole et a fait le choix de promouvoir des chaînes de valeur dans les différentes filières stratégiques, notamment les filières café et cacao. La mise en place du Mécanisme incitatif de financement agricole basé sur le partage des risques (MIFA) a pour objectif de mieux structurer et accompagner la promotion des chaînes de valeur agricoles. »
Il s’agit, aujourd’hui, selon lui de relever deux défis majeurs : développer le long des chaînes de valeur café et cacao des entreprises agricoles, surtout pour les jeunes et les femmes, notamment dans les maillons de la production, de la transformation et des services connexes. Ceci devra nous permettre, à terme, de disposer d’entreprises œuvrant dans les deux filières », confie-t-il.
Le second défi consiste à « mettre en place une dynamique de structuration du marché et d’organisation des acteurs le long des chaînes de valeurs, assortie d’instruments de contractualisation tels que les contrats entre acteurs et les contrats-programmes entre le gouvernement et les organisations des deux filières ».
Il faut noter qu’en termes d’exportation issus de la campagne 2018-2019 de commercialisation du café et du cacao, le pays a enregistré un faible tonnage de produits sortis du territoire l’année dernière. Cette faiblesse a particulièrement touché le café, soit 4 500 tonnes de café et 7 200 tonnes de cacao, contre 6 500 tonnes de café et 4 400 tonnes de cacao en 2017-2018. Ces produits ont été exportés par 13 exportateurs sur un total de 22 enregistrés à la campagne 2018-2019, à destination du Maroc, de la Belgique, de l’Allemagne, de la France, de l’Italie, d’Israël, de l’’Espagne et de la Chine.
En termes de qualité, les produits exportés à la campagne 2017-2018 ont enregistré 26,2% de qualité supérieure et 73,3% de qualité courante pour le café ; 51,8% de qualité supérieure et 48,2% de qualité courante pour le cacao. La campagne 2018-2019 a enregistré 40,5% de qualité supérieure et 59,5% de qualité courante pour le café ; 78% de qualité supérieure et 22% de qualité courante pour le cacao.
Kofi Meser





