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Verdir l’industrie cimentière au Togo

Le Togo veut désormais passer des orientations aux actions concrètes pour réduire l’empreinte carbone de son industrie cimentière. À l’ouverture de l’atelier consacré à la mise en œuvre de la feuille de route 2050 de décarbonation du secteur, le ministre de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique dans les locaux de CIMTOGO, Prof. Komla Dodzi Kokoroko, a appelé hier mardi ,  à une transformation qui associe modernisation industrielle, développement économique et protection de l’environnement.

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Après l’élaboration de la feuille de route nationale de décarbonation de l’industrie cimentière, les acteurs du secteur se réunissent au siège de CIMTOGO pour trois jours de travaux. L’objectif est désormais de traduire les orientations retenues à l’horizon 2050 en actions concrètes et opérationnelles.

Pour le ministre Kokoroko, cette transformation s’inscrit dans une ambition plus large de modernisation des sociétés et de transformation de la région. « La nécessité de moderniser nos sociétés, de réinventer notre région entière et surtout de valoriser le développement durable va tout droit au cœur de l’action du gouvernement du Togo. »»

Construire autrement, produire autrement

Le Professeur Kokoroko a insisté sur la nécessité d’aller au-delà des ambitions affichées pour inscrire la transition écologique dans les choix de développement du pays.

Cette orientation prend une importance particulière pour le secteur cimentier, appelé à répondre à une demande croissante en matériaux de construction tout en réduisant son empreinte environnementale.

La feuille de route togolaise prévoit notamment une diminution progressive du facteur clinker, avec une cible passant de 65 % à 40 % à l’horizon 2050. Plusieurs leviers sont envisagés pour y parvenir, notamment l’utilisation de combustibles alternatifs, l’amélioration de l’efficacité énergétique et le développement de ciments moins carbonés.

Pour le ministre, la transformation industrielle ne peut toutefois être dissociée des réalités sociales et économiques. « Alors, nous avons ensemble la charge de construire un monde solide, juste et écologique. ». Une formule qui résume, selon lui, la responsabilité collective qui accompagne cette transition.

Le bâtiment au cœur de la transition

Dans son intervention, il  a également repris une formule connue pour souligner l’importance stratégique du secteur de la construction : « Quand le bâtiment va, tout va »

Mais dans le contexte actuel, le défi consiste à faire en sorte que la dynamique du secteur du bâtiment soit compatible avec les impératifs environnementaux.

L’industrie cimentière constitue en effet l’un des secteurs industriels confrontés à des défis importants de décarbonation, en raison notamment des émissions liées à la fabrication du clinker. Les stratégies de transition reposent généralement sur plusieurs leviers : efficacité énergétique, substitution des combustibles fossiles, réduction de la teneur en clinker et, à plus long terme, captage et valorisation du CO₂.

Au Togo, les premières pistes identifiées sont déjà en cours d’examen. Selon Laurent Grimmeissen, Managing Partner du cabinet Cementis, l’utilisation de déchets comme combustibles alternatifs pourrait notamment permettre de réduire simultanément le recours aux combustibles fossiles et la quantité de déchets destinés aux décharges.

La capture du carbone figure également parmi les options étudiées, même si son coût demeure aujourd’hui un obstacle à son déploiement dans la région.

Une responsabilité partagée

Pour le ministre de l’Environnement, la réussite de cette transformation suppose une mobilisation collective. Les producteurs de ciment, les pouvoirs publics, les experts, les collectivités et les autres parties prenantes doivent ainsi travailler autour d’une trajectoire commune.

Cette responsabilité est également reconnue par les industriels. Ebenezer Somuah, directeur général de CIMTOGO, a souligné que les producteurs de ciment ont leur part de responsabilité dans la réduction des émissions, tout en insistant sur la nécessité d’une collaboration avec le gouvernement et les autres acteurs.

CIMTOGO travaille déjà, entre autres, sur l’installation de panneaux solaires, l’utilisation de combustibles alternatifs et le développement envisagé d’une plateforme permettant de transformer les déchets en énergie.

Le ministre Kokoroko a appelé les acteurs à inscrire cette dynamique dans une vision de long terme : « Nous allons, ensemble, préserver notre environnement et intégrer nos sociétés » L’enjeu sera désormais de transformer cette ambition en mesures concrètes, capables de réduire progressivement les émissions du secteur tout en maintenant sa contribution au développement économique du Togo.

Du clinker aux combustibles alternatifs, des énergies renouvelables à la valorisation des déchets, la décarbonation de l’industrie cimentière togolaise entre ainsi dans une phase où les ambitions devront désormais se mesurer aux actions engagées.