Transferts de la diaspora africaine : une manne dont l’économie du continent n’en tire pas profit

D’après un rapport rendu public en avril 2017 par la Banque Mondiale, les opérations bancaires faites par la diaspora vers le Togo s’estimaient à 08,4% du Produit Intérieur Brut à fin 2017. Les chiffres en question sont relativement en hausse par rapport à celui de 2016 et de 2014.

A en croire le rapport intitulé « Migrations et envois de fonds : développment récents et perspectives » (Migration and Remittances : recent developments and outlook) on classe le Togo au 07ème rang en matière d’envois de fonds avec plus de 22 milliards de dollars transférés en 2017.

Le Togo se retrouve dès lors dans le top des pays ou l’envoi des fonds de la diaspora constitue une part importante du PIB devant des pays comme le Mali(6,9% du PIB) ou le Nigéria (5,6%) qui reste la première destination africaine et cinquième mondiale en matière de fonds avec plus de 22 milliards de dollars transférés en 2017.

En 2014, les dernières publications de la Banque Mondiale relatives aux montants transférés par la diaspora Africaine dans les pays d’origine étaient également encourageantes.
Serge marie N’Guisan, le Représentant Résident de la BAD au Togo a estimé que la diaspora togolaise constitue une source d’investissement social contribuant énormément au développement de l’immobilier, à la création d’entreprises, au financement des scolarités aux investissements agricoles et à la réduction de la pauvreté au Togo.

Par ailleurs, la contribution significative des Togolais de la diaspora au développement du Togo s’explique en partie par les mécanismes mis en place par le Gouvernement togolais pour créer un cadre d’investissement favorables à ces derniers.
Pour Antoine Gbébokou, le Coordonnateur du Programme Diaspora, le dit programme permet l’acquisition des compétences pour le renforcement des capacités, l’amélioration du climat des affaires et des initiatives de la diaspora en faveur du développement local.

Ces canaux existent pour attirer davantage les compatriotes de la diaspora à s’impliquer effectivement dans le développement du pays.

La diaspora Togolaise s’est particulièrement illustrée avec les 348 millions de dollars envoyés au cours de l’année 2014. Ce chiffre dépassait largement l’apport de la diaspora des pays voisins comme le Ghana et le Bénin qui ont respectivement envoyé les 182 et 147 millions de dollars.

L’argent de la diaspora Africaine

Selon la RFI, la part des transferts effectués par les pays africains s’élève globalement à 60 milliards de dollars par le biais de réseaux bancaires comme Western Union et Money gram.
On peut y ajouter une vingtaine de milliards par des canaux non répertoriés, transferts en numérique par exemple.
La Banque mondiale estime à 429 milliards de dollars les envois de fonds officiellement enregistrées vers les pays en développement par les migrants en 2016 ; Si le montant est en recul de 2,4% par rapport à l’année précédente cela ne signifie pas que la pratique a diminué.

Cependant de l’avis général, cette manne financière est mal utilisée. Déjà les services de transferts de fonds cités plus haut, ponctionnent allègrement les sommes envoyées.

Pour l’Afrique Subsaharienne, zone la plus chère, les frais de transaction atteignent près de 10%. Ensuite cette ressource est rès souvent vivrière pour les familles qui la perçoivent. Nourriture, vêtements, scolarisation, habilitation parfois.
Elle peut représenter le quart du PIB d’un pays mais le continent africain n’est pas le seul à être impacté, on note également l’Asie, avec l’inde, la Chine et les philippines.

Hector N.

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