Le Programme d’Appui au Secteur Agricole (PASA), dans sa composante 1, vise à soutenir la production des cultures vivrières stratégiques (cultures d’exportation : café, cacao, coton etc.) et la production halieutique. Dans ce cadre, en tout 191 sous-projets innovants à l’image des produits togolais ont été financés sur la période de 2018 à 2019. L’objectif étant d’améliorer leur productivité et en accroitre la valeur ajoutée.
À Warangni dans la préfecture de Blitta (plus de 266 km au nord de Lomé), l’appui du fonds compétitif a été d’une grande utilité pour la Société coopérative SCOOPS Gnabana. Il a notamment permis à ces producteurs de karité en activité depuis 2018, un de se construire un bâtiment puis de s’acheter un torréfacteur ainsi qu’un moulin.
Avec ces équipements, le travail de transformation de noix de karité en beurre des femmes de la localité est devenu moins pénible. Ce qui leur a permis de gagner en temps et d’améliorer la qualité et la quantité de produits finis, à en croire les femmes transformatrices du beurre de karité, membres de la coopérative.
Somié Agna, secrétaire de Scoops Gnabana confie : « Avant on cassait les noix avec la main. Cela limitait nos rendements dans la journée. On n’arrivait pas non plus à travailler comme il le fallait et on torréfiait cela dans les marmites cela ne nous arrangeait pas. C’est après l’arrivée des fonds du PASA que tout a changé. »
De 20 bols par semaine avant l’arrivée des fonds du PASA, ces femmes sont passées à trois (3 ) sacs, soit environ 40 bols de noix de karité par semaine.
L’activité importante de transformation du karité en beurre a changé les conditions de vie des groupements de femmes, car elle demeure leur principale source de revenus.
Le beurre ainsi produit est vendu localement brut, ou transformé, notamment en produits cosmétiques.
Au-delà de l’appui à la transformation du karité en beurre, le PASA a également apporté son appui aux femmes pour la création et le développement des activités génératrices de revenus (AGR), puis a renforcé leurs compétences pour faire entendre leurs voix dans les instances de concertation sur la filière karité.
La filière karité au Togo, un secteur en plein essor
La filière karité occupe la majorité des femmes rurales dans la partie centrale et septentrionale du Togo. Elle demeure une importante source de revenus et d’emplois en milieu rural à travers la production et la commercialisation du beurre de karité et de ses produits dérivés.
En octobre 2019, la filière karité au Togo s’est dotée d’une faîtière : la Fédération inclusive du karité du Togo (FIKATO COOP SA), une coopérative avec Conseil d’administration. Et c’est Elisabeth Essodolom Pali-Tchalla , PDG de la Société Togolaise du Karité (STK), qui a été portée à la tête de cette organisation qui regroupe des pépiniéristes, des collecteurs, et des transformateurs du karité au Togo.
Pali-Tchalla et son équipe de 11 membres ont 4 ans pour remobiliser les acteurs, entamer la transformation du secteur et « défendre les intérêts de la grande famille. »
7e producteur mondial du karité, le Togo fait face néanmoins à de nombreux défis structurels et organisationnels dont la faible capacité de production sur le plan national et le manque d’équipements de transformation.
Il faut noter que selon une étude indépendante de LMC International, une firme internationale de consultants en agroalimentaire commanditée par l’Alliance Globale de Karité et l’USAID, les exportations de karité sont passées de 50 000 tonnes à plus de 350 000 tonnes par an au cours des 20 dernières années, une preuve du dynamisme et de la vitalité de ce secteur dans le monde.
Edem Kolani

