Togo : le lamantin, une espèce aquatique protégée par la CAAC

Le lamantin ouest-africain fait partie de la famille des Siréniens, composée de 6 espèces différentes. 

Il se distingue des autres mammifères marins par son régime alimentaire essentiellement herbivore, d’où son surnom de vache marine ou de poisson-vache. Sa tête ronde, pourvue d’un museau et de lèvres charnus , lui permet de brouter la végétation aquatique dans les eaux douces des fleuves ou les estuaires peuplés de mangroves et d’herbiers. Sa gourmandise l’entraîne parfois à franchir les digues des rizières au grand dam des paysans. 

Il ne dédaigne pas non plus d’aller prélever quelques poissons dans les filets des pêcheurs ou de consommer des coquillages qu’il broie dans ses puissantes mâchoires. Son corps cylindrique, qui peut mesurer 3.5 m et peser jusqu’à 800 kg, est couvert d’une fine pilosité qui lui sert à détecter les vibrations dans l’eau généralement trouble dans laquelle il vit.

LIRE AUSSI: La ville côtière du Togo, sous le feu des projecteurs  le 26 août prochain

Comme les autres espèces de la famille, le lamantin ouest africain est menacé. Il peut arriver qu’il fasse l’objet de captures à des fins de cérémonies traditionnelles. Il est alors chassé à l’affût, à l’emplacement de sources marines d’eau douce où il vient se désaltérer. 

Seuls les hommes initiés peuvent le chasser et le découper, sous peine de devenir impuissant, ce qui constitue une manière de limiter les captures et d’assurer indirectement sa protection.

Au Togo, il est protégé par l’ONG Community  and Aquatic Area Care (CAAC) qui œuvre en général pour la protection de ces animaux aquatiques du pays.

Vue partielle des membres de l’ONG CAAC au chevet de l’animal aquatique

« Une fois que nous les retrouvons sur les rives du Lac Togo nous faisons vite de  les remettre dans leurs espaces habituelles. En collaboration avec la GIZ, nous avons lancé une campagne de sensibilisation des populations togolaises sur le danger qui plane sur ses espèces qui sont en voie d’extinction. Nous avons travaillé avec les pêcheurs qui se trouvent autour des lacs que ce soit à agbodrafo, kpémé, Abobo et ses environs. Des fois si elles sont blessées, on les soigne et on les permet de mieux se reproduire. C’est un projet de conservation de ses espèces que nous voulons prôner. » Nous a  confié Simon de Saint-Dzokotoé, le membre du bureau de l’ONG CAAC au Togo.

Pour information,  le lamantin est à l’origine du mythe de Mami Wata, la Mère des eaux, à qui les pêcheurs doivent sacrifier pour apaiser les flots et faire des pêches fructueuses. Nombreuses sont les légendes qui racontent l’origine du lamantin : on raconte ainsi l’histoire d’une jeune femme qui se baignait au bord de la rivière ; surprise par un chasseur, elle a décidé de se jeter à l’eau pour cacher sa nudité, et s’est alors métamorphosée en lamantin. De nos jours, les lamantins sont surtout menacés par la dégradation de leur habitat et les filets des pêcheurs artisans.

Kofi Meser

- Publicité -spot_img

Laisser un commentaire

lire la suite

Articles récents