Les pêcheurs du port de Gbétsogbé pêchent de grandes quantités de plastique. Aux dernières nouvelles, au lieu des poissons, ce sont des tas de plastiques qui ont été piégés dans les filets remontés des fonds marins. Ces plastiques viennent ainsi saquer, non seulement, les efforts des pêcheurs mais aussi leurs investissements.
« Ce sont des dépenses énormes pour qu’on aille en mer. Et quand ce sont des déchets plastiques qui sont piégés dans nos filets, non seulement nous n’avons pas le produit pour la commercialisation, mais ce sont des comptes à rendre avec les microfinances. », confie l’un des pêcheurs.
Les pêcheurs, auteurs de la pollution marine
Interpellé sur la situation, Abdou Derman, secrétaire général du Syndicat national des pêcheurs du Togo, indique que ces déchets plastiques proviennent la plupart du temps, des pêcheurs.
« Cette situation est causée par nos propres camarades pêcheurs. Quand on les conseille de ne pas jeter les plastiques en mer, ils n’en font qu’à leur tête. Ils s’en vont acheter à manger dans des sachets plastiques puis vont jeter ces mêmes sachets dans l’eau de mer, au lieu de penser aux poubelles. », confie-t-il à Vert-Togo avec un ton sévère.
Aussi, poursuit-il « Aujourd’hui, ils se plaignent de cette situation. Et pourtant ce sont eux-mêmes qui devaient prendre les dispositions quant à la propreté des eaux marines qui servent de niche pour les poissons ».
Le dérèglement climatique fait ravage au port de Gbétsogbé [1]
Pour Abdou Derman, depuis plusieurs années, son syndicat a mené le combat contre la pollution marine. Mais force est de constater que la situation demeure intacte et impacte négativement l’activité de la pêche en question.
« Les sachets plastiques une fois dans l’eau, font mourir les poissons et parfois les font fuir.», précise-t-il.
Toutefois, si beaucoup a été fait pour venir à bout de ce problème, le pêcheur continue de nourrir l’espoir que cette situation peut changer. « Nous pouvons arriver à renverser la vapeur mais ceci doit passer par des sensibilisations à plus grande échelle. Nous organisons des séances de sensibilisation mais ça ne suffit pas. Pour mener à bien nos opérations, nous aimerions acquérir du matériel supplémentaire, pour faire rapidement le tour du port. Un équipement de plongée pour récupérer les déchets coincés au fond de l’eau serait également nécessaire.», suggère-t-il.
Hector N.

