À l’occasion de l’annonce des prévisions météorologiques de la grande saison des pluies dans le sud du Togo pour les périodes mars-avril-mai (MAM) et avril-mai-juin (AMJ) 2026, les experts de la météorologie ont mis l’accent sur les implications sanitaires liées aux conditions climatiques. Lors de cette rencontre avec la presse jeudi 5 Mars 2026, le Dr DARE Nana, Climatologue à l’Agence Nationale de la Météorologie au Togo (ANAMET) a attiré l’attention sur la nécessité d’adopter des comportements préventifs afin de limiter la propagation des maladies climato-sensibles.
Selon lui, le pays fait face à une diversité de maladies influencées par le climat, notamment le paludisme, les infections respiratoires aiguës et les maladies diarrhéiques, dont la présence varie selon les saisons.
« Sur le plan sanitaire, nous savons tous qu’au Togo, il existe plusieurs maladies climato-sensibles, notamment le paludisme, les infections respiratoires et les maladies diarrhéiques qui apparaissent selon les saisons », a-t-il expliqué.
Des maladies présentes toute l’année
Le spécialiste a toutefois précisé que les tendances climatiques prévues pour la saison des pluies ne permettent pas d’annoncer l’apparition d’une maladie spécifique. L’enjeu réside plutôt dans l’adoption de bonnes pratiques pour réduire les risques sanitaires.
Le Dr DARE rappelle notamment que le paludisme et les infections respiratoires aiguës sont présents toute l’année au Togo, aussi bien pendant la saison sèche que pendant la saison des pluies.
« On ne peut pas dire que parce que la saison sera normale ou excédentaire, les cas vont forcément augmenter ou diminuer. L’essentiel est de renforcer les sensibilisations et d’encourager les populations à adopter les bonnes pratiques », a-t-il souligné.
Sensibilisation et prévention au cœur de la lutte
Parmi les gestes essentiels à promouvoir, le spécialiste cite l’utilisation systématique des moustiquaires imprégnées, l’élimination des gîtes larvaires autour des habitations, ainsi que le respect du calendrier vaccinal pour les enfants, notamment à partir de six mois.
Ces mesures, rappelle-t-il, constituent des moyens efficaces pour limiter la propagation du paludisme et d’autres maladies liées à l’environnement.
Le Dr DARE a également insisté sur la responsabilité des autorités sanitaires dans la préparation des structures de santé face aux éventuelles flambées de maladies.
Il appelle à anticiper la disponibilité des intrants médicaux dans les centres de santé, un problème auquel les établissements sont souvent confrontés.
« Lorsque tout est préparé à l’avance et que les intrants sont disponibles, cela permet aux centres de santé de réagir rapidement lorsque la maladie survient et ainsi de limiter les dégâts », a-t-il indiqué.
S’adapter à la hausse des températures
Abordant la question de la chaleur, le spécialiste rappelle que le contexte du changement climatique entraîne une augmentation progressive des températures observée depuis plusieurs années.
Face à cette réalité, il estime que les populations doivent également développer des stratégies d’adaptation dans leur quotidien.
Parmi les solutions évoquées figurent l’amélioration de l’architecture des habitations pour favoriser la circulation de l’air, la prise en compte de l’orientation des vents lors de la construction des maisons, ainsi que la création d’espaces verts et de jardins autour des habitations afin d’apporter plus de fraîcheur.
Tout en reconnaissant les contraintes économiques auxquelles font face de nombreux ménages togolais, il encourage chacun à adopter des gestes simples pouvant améliorer le confort thermique et le bien-être des familles. À travers ces recommandations, le Dr DARE Nana invite ainsi les populations comme les autorités à anticiper les impacts sanitaires des conditions climatiques, afin de mieux protéger les communautés durant la grande saison des pluies.

