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Pourquoi consommer local : l’interview de Sossou Jean-Charles

Au cours d’une interview accordée à notre rédaction, Sossou Jean-Charles, l’Agronome de formation, Agroécologiste et Président de l’Association Eco-Impact s’est livré sur son activité, les actions de vulgarisation des pratiques de l’Agro écologie et l’importance de consommer local. Un message qui s’adresse à chacun d’entre nous : en tant que consommateurs, l’impact de nos choix est plus que jamais décisif sur les enjeux environnementaux et économiques de demain !

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Vert-Togo: présentez- vous et votre association ?

Jean-Charles: Moi c’est  Sossou Jean-Charles, Agronome (Agroéconomiste) de formation, Agroécologiste engagé et confirmé, Président de l’Association Eco-Impact. Eco-Impact est une association engagée dans la protection de l’environnement, la conservation de la biodiversité, dans la diffusion et la promotion de l’Agroécologie au Togo. Elle travaille sur plusieurs axes parmi lesquels : la gestion durable des ressources naturelles et la biodiversité; l’Agroécologie et l’Agriculture biologique ; le système alimentaire durable; le Climat et les énergies durables ; l’eau, hygiène, et l’assainissement ; l’écocitoyenneté et l’entrepreneuriat vert.

VTG: “Manger local” permet-il de réduire les impacts socio-environnementaux de son alimentation ?:

J-C: La politique du Consommer local est à saluer car c’est une initiative destinée à encourager les efforts consentis pour valoriser la transformation locale. C’est une mesure incitative de valorisation et de consommation des produits locaux. Un levier du développement des initiatives locales, de l’économie locale et ou nationale et un facteur du développement durable. L’agriculture étant l’un des piliers de notre économie au Togo avec environ 70% de la population active. Pour reprendre feu président Capitaine Thomas Sankara du Burkina Faso: « Consommons ce que nous produisons et produisons ce que nous consommons ». Cela  est déjà une très bonne chose mais il est très nécessaire de rappeler que ‘’produits locaux’’ ne riment pas forcément avec produits sains ; au mieux consommons ‘’produits locaux sains (naturels) !’’. Ceci implique le droit des populations ou des consommateurs de choisir non seulement ce qu’ils consomment, mais également ce qu’ils produisent, et comment ils le produisent. Cela nous interpelle à produire et à consommer les aliments biologiques et agroécologiques pour contribuer au développement des systèmes alimentaires durables, favoriser l’entrepreneuriat agroécologique, l’établissement durable des marchés territoriaux pour une transition agroécologique et  souveraineté alimentaire.

L’Agroécologie est donc une opportunité plurielle pour nous. Elle est une, mieux une meilleure option pour : L’Environnement

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Sossou Jean-Charles négocie la mise à disposition des produits agroécologiques auprès des femmes du marché d’Adidogomé Assiyéyé 

Une gestion durable de l’environnement et des ressources naturelles. En effet, la pratique de l’agroécologie permet d’atténuer les effets des aléas climatiques et le renforcer la résilience des communautés face à la crise climatique. Elle permet de restaurer avec séquestration du carbone dans le sol,  de limiter la déforestation, de reconstituer le couvert végétal, d’éviter ou de réduire les émissions des gaz à effet de serre, de gérer durablement l’eau, de valoriser efficacement les déchets organiques, de limiter l’utilisation des intrants chimiques de synthèse et d’améliorer la qualité de la fertilité des sols…

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Produits agroécologiques

En choisissant des produits locaux agroécologiques, les consommateurs contribuent à réduire les émissions de gaz à effet de serre liées au transport des aliments sur de longues distances. Les produits locaux nécessitent généralement moins d’énergie pour atteindre les consommateurs, ce qui peut contribuer à la réduction de l’empreinte carbone globale de l’alimentation. Aussi, consommer local encourage la diversification des cultures locales, ce qui peut contribuer à la résilience de l’approvisionnement alimentaire en cas de perturbations climatiques ou de catastrophes naturelles.

Sur le plan sanitaire,

Cette pratique vient faciliter la disponibilité et l’accessibilité des aliments sains pour la population et éviter les maladies liées à l’utilisation des produits chimiques.

le social : L’agroécologie favorise la proximité entre producteurs et consommateurs. Elle crée des opportunités de rencontre entre producteurs et consommateurs. Elle favorise la création de liens et de communautés plus fortes, renforçant ainsi le tissu social.

Elle a un impact de création d’emploi, réduction de l’exode rural et des migrations. Elle favorise un épanouissement socio-progressif. Et aussi l’émergence d’une classe moyenne capable de soutenir durablement l’économie locale.

In fine, l’agroécologie impacte l’économie locale: Acheter des produits locaux agroécologiques soutient directement les agriculteurs et les entreprises locales. Cela stimule l’économie régionale, crée des emplois et renforce la résilience des communautés face aux crises économiques. Cela a un impact positif sur les communautés rurales en créant des emplois et en maintenant les terres agricoles en activité.

 VTG: Quelles sont les  actions de vulgarisation des pratiques agroecologiques au Togo?

J-C: L’agroécologie est aujourd’hui pour nous une conscience et une moralité de vie.

Elle peut être définit comme une agriculture respectueuse de l’environnement qui ne fait pas recours aux intrants chimiques de synthèse. C’est donc  ‘’une agriculture respectueuse de l’environnement, qui prend soin de la santé animale et humaine. Mais aussi, elle valorise au mieux la biodiversité culturelle, la biodiversité alimentaire, en faisant appel aux bonnes pratiques culturales, aux technologies et aux biotechnologies inspirées des processus écologiques’’.

Basé sur les trois (03) piliers de durabilité que sont le social (mouvement), l’économie et l’environnement. Elle suit 13 principes agroécologiques  selon le groupe d’experts de haut niveau sur la sécurité alimentaire pour une durabilité des systèmes alimentaires lesquelles sont :le Recyclage, la Réduction d’intrants, la Santé des sols, la Santé animale, la Biodiversité, les Synergies, la Diversification économique, la Co-création de connaissances, les Valeurs sociales et régimes alimentaires, l’Équité, la Connectivité, la Gouvernance des terres et ressources naturelles, la Participation.

Il est donc important de partager les connaissances nécessaires pour son adoption afin de contribuer à une meilleure transition écologique et à une alimentation saine.

Au Togo, plusieurs actions de vulgarisation des pratiques agroécologiques ont été mises en place pour promouvoir une agriculture plus durable et respectueuse de l’environnement. Une meilleure connaissance de l’Agroécologie et des produits issus des pratiques agroécologiques passe par la compréhension, la connaissance, la pratique, l’adoption ou la caractérisation des pratiques elles-mêmes ; et les pratiques agroécologiques sont donc diversifiées en fonction des zones agroécologiques par rapport à ce que nous faisons.

Voici quelques-unes de ces actions : Formation des agriculteurs

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AMAP Togo

Des formations sont organisées pour les agriculteurs afin de leur enseigner les principes et les techniques de l’agroécologie. Ces formations couvrent divers aspects, tels que la gestion durable des sols, la biodiversité agricole, la gestion de l’eau, et l’utilisation de méthodes biologiques et naturelles pour la lutte contre les ravageurs pour que les cultures s’adaptent aux changements (crises) climatiques. A Eco- Impact nous avons à cette fin, mis en place un programme dénommée, ‘’école paysanne agroécologique’’ qui est une académie paysanne, un atelier paysan indépendant dérivé du  programme de la Communauté ‘’Sol Sain Alimentation Saine’’ grâce à nos partenaires AFSA et SKI.

De 2021 à ce jour nous avons enregistré sur ce programme environ 1500 paysans et paysannes formés en agroécologie.

On peut noter des pratiques sur la conservation de la biodiversité notamment la conservation naturelle des arbres, le reboisement, la Régénération Naturelles Assistée (RNA),  des cordons pierreux/bandes enherbées, la gestion de l’eau dans les exploitations (Zaï, demi-lune etc.), l’usage de fumier, l’utilisation du compost et l’enfouissement des résidus de récolte et des feuilles d’arbustes, l’agroforesterie, l’association et la rotation de cultures, le paillage, la production et l’utilisation du biochar, des biofertilisants solides et liquides et des bioprotecteurs. Pour les biofertilisants, les biostimulants de croissance des plantes et les microorganismes on peut citer quelques-uns comme le compost, le bokashi, thé de compost, les phosphites,  super Magro (liquide et solide) ; l’ormus, le biostimulant à base de sang animal, les semences de microorganismes natives /locales (SMN), les microorganismes des montagnes (MM), les microorganisme efficaces (EM), les Microorganismes autochtones bénéfiques (MAB)  pour l’amélioration de la qualité et la fertilité naturelle des terres agricoles et pour la conservation et la gestion durable des terres.

Pour les bio-protecteurs nous pouvons citer les décoctions ou les extraits végétaux (azadirachtine  alicine, capsaïne, eugénol…), comme les huiles et poudre de grain de neem, Apichi,  le bio-contrôle, les pièges à mouche, les bouillons minéraux à froid ou à chaud (Bouillon de chaux soufrée, Bouillon de cendre,),  pour des traitements phytosanitaires naturels et pour la gestion durable des nuisibles…

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Marché Biolaméssin

Cette formation se fait parfois à travers la mise en place des parcelles de démonstration (champ école) créées pour montrer aux agriculteurs comment mettre en œuvre des pratiques agroécologiques sur le terrain. Ces parcelles servent d’exemples concrets et de lieux d’apprentissage pratiques. Eco- Impact au-delà de l’Ecole Paysanne Agroécologique dispose aussi d’un site de démonstration, d’expérimentation et de formation en l’agroécologie dénommée ‘’Centre Elikem’’ opérationnelle à Kpimé-Séva. Beaucoup d’autres acteurs aussi on des centres de formation. Dans ce package de formation s’intègre aussi des campagnes de sensibilisation qui sont menées pour informer les agriculteurs, les paysans et les communautés locales sur les avantages de l’agroécologie en termes de sécurité et de souveraineté alimentaire, de résilience climatique et de durabilité. Les agriculteurs sont aussi encouragés à partager leurs expériences et leurs connaissances sur les pratiques agroécologiques au sein de leurs communautés pour une meilleure productivité et le bien être des paysans et des consommateurs.

L’autre action est celle de l’accès aux semences locales. Cela reste le combat de tous, l’accès aux semences locales et adaptées à l’agroécologie. Nous en faisons la promotion, car elles sont souvent mieux adaptées aux conditions locales et à la résilience face au changement climatique

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Point de vente des produits Agro écologiques transformés,Air Burkina Wuiti

Nous initions également des formations en valorisation et en transformation des produits agroécologiques pour une maîtrise des pertes post-récoltes avec les jeunes et les femmes.

Nous aspirons bientôt lancer une académie de l’agroécologie destinée uniquement aux jeunes, et adolescents. Nous privilégions des partenariats avec des écoles et organisations pour la promotion de l’agroécologie qui est progressivement pris en compte dans les curricula de formation. D’autres organisations également, les partenaires techniques et financiers, ONGs internationales sont depuis un moment plus actives dans les appuis à l’agroécologie il y’a 5 ou 10 ans en arrière.

Vert-Togo: Existe-t-il des marchés agroécologiques  au Togo? Sinon à quoi servent-ils?

J-C: Oui bien sûr ! Il existe bel et bien des marchés agroécologiques et des initiatives de marchés agroécologiques et biologiques au Togo avec lesquels nous interagissons et quelquefois que nous coorganisons ensemble pour l’accessibilité et la disponibilité des produits agroécologiques (une alimentation saine) ; pour le bien-être de la population tout en contribuant à l’amélioration des conditions de vie des petits producteurs.  Le marché étant en plus, un lieu où se rencontrent l’offre et la demande d’un bien ou d’un service. Les marchés agroécologiques, sont bien plus que des  espaces d’achat et de vente des produits. Ils sont beaucoup plus liés au territoire et avec des interactions sociales, culturelles, de gouvernance, économique ou de création et de redistribution de richesse, de contribution à la disponibilité des produits agricoles et alimentaires sains et nutritionnels plus diversifiés et qui prend en compte les systèmes de production qui sont liés au système alimentaire durable. Il en existe mais plusieurs qui sont en organisation depuis un moment déjà au Togo. Plusieurs naissent suite à la recherche des débouchés et à la recherche d’un prix rémunérateur ou différentiel pour les produits issus de l’agroécologie et biologiques et aussi sur demande des consommateurs avertis. Ces marchés proposent des produits agroécologiques et forestiers non ligneux, des produits carnés ou halieutiques comme : les fruits, des légumes frais, séchés ou transformés, des racines, des céréales, des légumineuses, des tisanes, des épices, du thé, des compléments alimentaires, des poissons, des crustacés, du miel, du lait, du fromagtre, des huiles, de la viande…

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Panier de produits agroécologiques certifié BioSPG Togo

Dans le cas des produits agricoles, Les marché agroécologiques permettent de contribuer à une croissance économique stable, d’améliorer la distribution équitable des revenus, de garantir un bien-être nutritionnel des citoyens et une sécurité alimentaire aux populations d’une nation. Les marchés sont donc un outil  de création de richesse et également un levier pour le développement. Le marché revêt diverses fonctions principalement les fonctions commerciales dont les différentes opérations permettent de fournir en des lieux et en temps opportuns aux consommateurs, les produits dont ils ont besoin. La fourniture des produits peut être faite par un ou plusieurs intermédiaires qui agissent individuellement ou collectivement dans l’achat et la vente ou dans leur transfert du producteur au consommateur final.

Dans ce contexte de marchés agroécologiques, nous pouvons les catégoriser en deux : les marchés des produits frais et ceux des produits transformés ; sans oublier de les classer en marchés physiques et virtuels la plupart certifiés Bio-SPG local et qui rendent aujourd’hui un grand service pour la visibilité, la mise à disposition et dans la livraison des produits aux clients.

Quelques marchés physiques (actifs) des produits frais :AMAP Togo au Centre Mitro-Nunya avec CEFAP à Lomé: Le Marché des fruits et légumes biologiques ‘Biolamessin’ de Lomé (points de vente de Lk, du Campus Nord, Cacavéli, Agoè)

Le Panier de la fermière de Lomé, Marché de de Station d’expérimentation de l’ESA/UL,Clubs des étudiants de l’INFA de Tové,Point de vente d’AgriMark,Marché Sichem-Simé de Kpomé,Marché local .228,Club aliment bio de Kpalimé,Le Panier Vert de Kpalimé,Marché des produits agroécologiques ‘Elikem’ à Kpalimé (Kpimé Séva),Marché Agroécologique d’Atakpamé,Marché des produits agroécologiques de Sokodé (albarka, rejeppat),Point Atoda,Agro-Espoir (Centre cefig),Point Elisha Corporation,Point de vente des produits agroécologiques Lafiè- Djied à Dapaong dans la région des savanes,Marché de légumes biologiques de la Fédération Nationale des Organisations Maraichères du Togo à Kara,Marché Arahou Fema à Kara,Les marchés des fermes ou les fermes écoles (comme AREJ, CARTO, CIDAP, Yal’Nkoi, les Rôniers, Gavissa, Terre Sacrée, CESADIB, Vie Verte, ferme kékéli…)

Les marchés physiques (actifs) des produits agroécologiques transformés :Vitrine des Produits locaux aux portes du Ministère du Commerce, de l’Artisanat et de la Consommation locale,Boutique du monastère de l’Abaye de l’Ascenssion de Danyi Dzogbégan,Boutique du monastère de l’Abaye de l’Assomption (Les Bénédictines) de Danyi Dzogbégan,Royaume du Café-Cacao à Kpalimé,Boutique de Coodibak à Kara,BoBar Boutique d’OADEL à Bè Beach,Bobar Centre de Distribution des Produits Alimentaires Togolais d’OADEL à Akodéséwa Kpota,Antenne d’OADEL à Kara,Togo-Simé,Vitrine de la FAO,Vitrine Air Burkina,La Vitrine des produits du terroir,Espace Viva,Made in Togo,AbiFood,C-Lino Shop,Genial Wok Shop.

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Panier Bio de Kpalimé

Les marchés virtuels ou Les plates-formes sur les réseaux sociaux (whatsapp, facebook, Twitter…) et les sites numériques qui cartographient les produits et les points de vente ou s’effectuent les commandes comme Nzara, DuSa, Made in Togo, Mon Marché, BoBar Distribution, Force Agricole Efficace Miabémarché, Biotogo …  et les services de livraison que sont : Kaba, Kanyi Express, Go Zèm …

Il est à noter également que il y’a des espaces comme des foires et des fora qui offrent une parcerelle pour la promotion des produits agroécologiques et biologiques comme Salon International de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire de Lomé (SIALO), Zone de Libre Echange sur le Continent Africain (ZLECAf), Foire et Conférence sur la Gestion de l’Environnement et la Protection de la Création-Climat, Agroécologie, Eau Energie (GEPC-CAEE),  Foire Made in Togo, Salon de l’artisanat et autres…

Ces développement et structurations des chaines de valeurs agroécologiques et biologiques et des marchés ont pour objectif de rendre les produits sains et locaux plus accessibles dans la ville tout en construisant des ponts entre la ville et la campagne. C’est aussi un moyen de soutenir les petits agriculteurs et producteurs locaux qui œuvrent pour un meilleur système alimentaire afin de créer des communautés autour d’une bonne alimentation et d’une sensibilisation à un bon système alimentaire dans presque toutes les  régions économiques au Togo.

Parlant de chaîne de valeurs il y’a plusieurs maillons, même si certains demeurent pour le moment embryonnaire, donc différents acteurs interviennent sur les produits agroécolgiques. Que ce soit les producteurs, les structures de formation, les fournisseurs d’intrants, les transformateurs, il existe aussi des acteurs dans le, conditionnement (emballage), la certification, le transport, la distribution et la commercialisation (grossistes, semi-grossistes et les détaillants) et les consommateurs. Il faut aussi noter l’existence de deux circuits principaux que sont les circuits courts et des circuits longs. Certains exportateurs des produits qui parfois vendent localement même des consommateurs directs (ménages) et indirects (restaurants, transformateurs…).

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Marché de fruits de Tové

La clé pour l’avenir consiste à exploiter les potentialités et les atouts de l’agroécologie. Il s’impose de rentabiliser et de pérenniser les valeurs et les bénéfices de l’agroécologie sur les plans socio -environnemental, sanitaire mais aussi économique… Pour faire notre part dans la transformation des systèmes alimentaires… le devoir nous appelle à contribuer pour bâtir, cartographier et renforcer le mouvement agroécologique et biologique  pour un avenir meilleur….

C’est le lieu de saluer les efforts des autorités et du Gouvernement dans sa politique de développement pour l’environnement de travail et le cadre de promotion des produits locaux en général et l’interdiction pour l’importation et l’utilisation de plusieurs produits chimiques dont le glyphosate au Togo est non négligeable vers la transition agroécologique. Nous saluons cette action d’ouverture du Gouvernement à travers la création/mise sur pied des plateformes de consultation, des cadres de réflexions et de concertation incluant les multiacteurs engagés dans la promotion de l’agriculture durable ; même si il reste encore beaucoup à faire… Nous saluons également le projet OM4D de IFOAM ; mes collègues de l’Association Eco-Impact, les collègues des associations sœurs ; et les réseaux nationaux comme ANABio et ReNAAT pour l’engagement, la mobilisation, le travail de base du développement de la dynamique écologique et biologique et des outils de communication et de certification le Bio SPG local et national auxquels nous avions tous participé et continuons de promouvoir pour une saine alimentation au Togo.

Néanmoins il y’a des quelques défis majeurs encore à relever que sont :L’harmonisation des unités de mesures à l’achat et à la vente des produits,l’harmonisation des dispositifs et outils de contrôle des produits agroécologiques

Différencier et valoriser les produits agroécologiques,valoriser des mets locaux,la planification des productions et les ventes,approfondir les études sur la consommation des produits agroécologiques (volume et préference…)

La fragilité des partenariats locaux entre les acteurs et réseaux nationaux et internationaux

Carence de communications sur la disponibilité des produits agroécologiques

La coordination et l’intégration des entrepreneurs agroécologiques et des marchés territoriales et des initiatives agroécologiques

Absence de lois soutenant spécifiquement les produits agroécologiques

Des besoins en équipements, logistiques et infrastructures

promotion des circuits de plusieurs filières ou chaine de valeurs porteuses, la diversification et le garanti de la régularité des approvisionnements, Ralentissement des engagements pour le développement et l’adoption des pratiques écologiques.

Limite dans la mise à échelle des formations sur les bonnes pratiques agricoles et sur les bonnes pratiques d’hygiène alimentaire surtout pour les jeunes, difficulté d’accès à l’eau, à la terre et à l’énergie pour les jeunes.

Faible compréhension de l’agroécologie par certains acteurs, faible compétitivité des initiatives et marchés agroécologiques pour réduire les forts écarts de concurrence face aux autres produits conventionnels et produits importés

Une accessibilité géographique et économique des produits agroécologiques réduite, l’opacité de l’information : il y’a une différenciation difficile entre les produits conventionnels et agroécologiques sur les grands marchés. Difficulté d’accès aux appuis financiers pour les initiatives des jeunes en agroécologie.

Entretien réalisé par Hector NAMMANGUE