Les pays les moins avancés (PMA) se caractérisent par des niveaux de revenus modestes, des capacités humaines et institutionnelles affaiblies, et une grande vulnérabilité aux chocs extérieurs. Ils font souvent face à d’importantes difficultés pour accéder à l’aide internationale au développement, entravant ainsi leur capacité à répondre de manière adéquate aux besoins urgents de leurs populations.
Cette problématique préoccupante a été soulevée par le point focal de l’environnement du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) au Togo, M. Eric Awunyo, lors d’un panel au pavillon de la Banque Ouest Africaine pour le Développement (BOAD) sur l’accès aux fonds climatiques à Dubaï en début de semaine.
Le Directeur financier du ministère de l’Environnement et des Ressources Forestières a suggéré, dans son intervention, une révision des procédures d’accès au financement climatique. « Malgré la diversité des sources de financement pour l’action climatique, très peu d’institutions ont pu en bénéficier jusqu’à présent. La plupart des demandes restent sans suite, souvent en raison du non-respect des critères d’accès aux fonds.», a-t-il souligné.
Il a également mis en avant la nécessité d’une approche plus proactive au niveau municipal et dans le choix des agences chargées de présenter les projets. Il a souligné l’importance de la compétence des négociateurs et de la nécessité d’élaborer des projets bien structurés pour accéder aux ressources disponibles.
Fossé grandissant entre les besoins et l’action climatique
Monsieur Awounyo a également relevé dans son intervention l’écart croissant entre les besoins et les perspectives en matière d’adaptation climatique. Selon lui, un problème majeur se pose en termes d’insuffisance des fonds disponibles pour nos pays, créant ainsi un fossé grandissant entre les besoins réels et les mesures prises pour protéger les populations contre les extrêmes climatiques.
«Le problème (ndlr : de l’insuffisance des fonds) se pose avec tant d’acuité au niveau de nos pays, et aujourd’hui, les dons à la disposition de nos pays sont insuffisants pour régler l’immensité du problème. Il existe un fossé croissant entre les besoins et l’action lorsqu’il s’agit de protéger les populations des extrêmes climatiques.», a-t-il déclaré.
Il a plaidé en faveur de mécanismes financiers innovants pour combler ce déficit. Il est impératif, selon ses précisions, de rechercher des solutions financières alternatives pour mobiliser des fonds. Les agences, telles que les banques, peuvent jouer un rôle crucial en aidant à lever des fonds par le biais de prêts à des conditions très avantageuses. La législation en la matière a été mise en place, et des fonds d’études ont été créés pour soutenir les pays dans la conception de projets adaptés. Ce travail devrait se poursuivre, avec la collaboration d’autres agences qui ont déjà pris des mesures pour faire face à l’urgence de l’adaptation au changement climatique.
En raison de l’augmentation des besoins financiers pour l’adaptation et de la diminution des flux financiers, le déficit actuel de financement de l’adaptation est estimé entre 194 et 366 milliards de dollars américains par an. Parallèlement, la planification et la mise en œuvre de l’adaptation semblent stagner, entraînant des conséquences significatives en termes de pertes et de dommages, en particulier pour les populations les plus vulnérables.
Par Hector NAMMANGUE depuis Dubaï pour Vert-Togo

