La quatrième journée de la 30ᵉ Conférence des Parties (COP30), qui se tient à Belém, au Brésil, a été rythmée par des négociations intenses et parfois houleuses. Alors que les travaux des Organes Subsidiaires doivent s’achever samedi, les délégués redoublent d’efforts pour progresser sur des dossiers clés, malgré des divergences persistantes sur plusieurs fronts.
La Présidence brésilienne a poursuivi ses consultations informelles, décrites avec une pointe d’humour comme une « séance de thérapie collective », tant les positions des Parties restent éloignées sur des questions essentielles telles que le financement climatique, les indicateurs d’adaptation ou encore les mesures commerciales. Ces tensions compliquent la volonté de la Présidence d’obtenir des résultats tangibles avant la fin de la première semaine.
Une phase décisive des négociations
Face à l’intensification des discussions, le Bureau de la CCNUCC a validé l’extension exceptionnelle des heures de négociation jusqu’à 21h00. Dans le même esprit, la Présidence de la COP a annoncé la nomination de plusieurs paires ministérielles chargées d’animer les consultations lors de la deuxième semaine de travaux. Ces binômes couvriront des thématiques jugées cruciales :
Adaptation : Gambie et Allemagne
Financement : Kenya et Royaume-Uni
Atténuation : Égypte et Espagne
Transition juste : Mexique et Pologne
Technologie : Australie et Inde
Bilan mondial (Global Stocktake) : Norvège et Émirats arabes unis
Égalité de genre : Chili et Suède
Cette répartition vise à accélérer les convergences et à faciliter l’émergence de compromis.
La question de l’adaptation sous haute tension
L’un des sujets les plus sensibles de la journée a été l’Objectif mondial en matière d’adaptation (GGA). Les débats se sont concentrés sur l’adoption de la liste d’indicateurs destinée à mesurer les progrès réalisés dans ce domaine.
[1]Le Groupe africain (AGN) a demandé un report de deux ans, jusqu’à 2027 (CMA 9), pour finaliser cette liste, estimant qu’en l’absence de garanties suffisantes en matière de financement international, ces indicateurs risquent de devenir une charge supplémentaire plutôt qu’un outil d’appui pour les pays en développement.
À l’opposé, l’Union européenne (UE) et l’Alliance des petits États insulaires (AOSIS) ont plaidé pour l’adoption immédiate d’au moins un indicateur par sous-cible dès cette session (CMA 7), jugeant qu’un nouveau report serait préjudiciable aux efforts d’adaptation mondiaux.
Cette quatrième journée met en lumière les défis considérables auxquels la COP30 doit faire face. Entre la complexité des thématiques abordées, les attentes élevées des Parties et les tensions géopolitiques qui sous-tendent certaines positions, la Présidence brésilienne devra redoubler de diplomatie et de créativité pour rapprocher les vues.
Alors que la conférence entre dans une phase cruciale, la communauté internationale observe attentivement les négociations, espérant que des avancées concrètes verront le jour dans les prochains jours.
Par Hector NAMMANGUE depuis Belém (Brésil) pour Vert-Togo

