- VERT TOGO | Au coeur de l'information - https://vert-togo.tg -

Maladies vectorielles : un indicateur silencieux de pauvreté, selon le Dr Kaba Dramane

Alors que la région ouest-africaine est de plus en plus exposée aux maladies liées à l’environnement, des scientifiques tirent la sonnette d’alarme. À l’occasion d’une session inscrit dans le cadre de la Conférence des journalistes scientifiques de l’Afrique Francophone qui se tient actuellement à Abidjan , un accent particulier a été mis sur le rôle de l’entomologie dans la surveillance sanitaire. Dans ce cadre, le Dr Kaba Dramane, entomologiste à l’Institut Pierre Richet (IPR-INSP), est intervenu sur le thème : « L’entomologie dans l’approche One Health et dans la surveillance des maladies vectorielles ».

vert-togo2
vert-togo

Pour lui, ces maladies ne sont pas seulement des enjeux de santé, elles traduisent aussi des inégalités structurelles profondes. « Certaines maladies devraient nous alerter sur le niveau de développement de nos communautés », alerte le Dr Kaba Dramane, entomologiste à l’IPR-INSP Bouaké.

Selon le chercheur, plusieurs maladies transmises par des insectes notamment les maladies hydriques et vectorielles comme la bilharziose ne sont pas seulement des urgences sanitaires. Elles traduisent surtout un manque d’infrastructures de base, notamment en matière d’eau potable, d’assainissement et d’hygiène.

« Prenez deux villages. Dans le premier, les habitants n’ont pas accès à une source d’eau propre. Ils vont chercher de l’eau dans la rivière pour boire, cuisiner, ou laver les vêtements. C’est là, autour de ces cours d’eau, que prolifèrent les insectes vecteurs. Résultat : les femmes et les enfants s’exposent chaque jour aux piqûres, et donc aux maladies », explique le Dr Kaba.

En revanche, dans un second village où l’on dispose d’une pompe ou d’un système d’adduction d’eau, le contact avec ces insectes est considérablement réduit**. Le risque d’infection diminue, la santé s’améliore. « C’est pour cela que certaines maladies sont aujourd’hui considérées comme des indicateurs de pauvreté**. Leur disparition peut être un signe d’émergence », précise l’entomologiste.

Face à ces constats, le spécialiste appelle à des mesures concrètes : éviter de laver les habits ou de boire l’eau directement des rivières, adopter des gestes simples d’hygiène, comme utiliser des installations sanitaires, boire de l’eau potable et intégrer ces pratiques dans le quotidien.

Mais au-delà des comportements individuels, le Dr Kaba insiste : « C’est le développement des infrastructures, eau, assainissement, hygiène qui constitue la vraie réponse à ces maladies. » Un message fort dans une région où les maladies vectorielles continuent de faire des ravages silencieux, faute d’investissements durables et de volonté politique claire.

Par Hector NAMMANGUE depuis Abidjan (Côte d’Ivoire) pour Vert-Togo