- VERT TOGO | Au coeur de l'information - https://vert-togo.tg -

« l’IA a le potentiel de contribuer significativement à la réduction de notre empreinte écologique », Jérôme RIBEIRO

Prédire l’évolution du climat et anticiper les phénomènes extrêmes relève du challenge, notamment en raison de l’hétérogénéité des données. L’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique peuvent ils nous aider à faire face à la crise climatique ? C’est à cette question que Jérôme RIBEIRO, Président- Co-Fondateur de Human AI, et Vice-Président de l’Institut AfriquIA répond au travers de cet entretien exclusif accordé à notre rédaction.

vert-togo2
vert-togo

Vert-Togo : Présentez-vous ?

Jérôme RIBEIRO : Je suis Président – Co-Fondateur de Human AI, et Vice-Président de l’Institut AfriquIA. J’ai acquis une vaste expérience en gestion, télécoms et systèmes d’informations. Je suis un fervent défenseur de l’éthique dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA). Mon expertise internationale, ma passion pour l’éducation et l’Intelligence Artificielle m’ont conduit à collaborer avec des sommités telles que Marco LANDI, ancien président Monde d’Apple en tant que son Vice-Président de son Institut EuropIA.
Je me dédie à sensibiliser et instruire le grand public, les étudiants, les entrepreneurs et les institutions sur les enjeux de l’IA, en mettant en avant des approches éthiques, inclusives et responsables. « L’Intelligence Artificielle au service de l’Humanité » est mon leitmotiv.

En tant que Vice-Président d’Honneur du CDA – Cluster Digital Africa, en charge des questions liées à l’Intelligence Artificielle et Ambassadeur du WAICF (World Artificial Intelligence Festival de Cannes), j’apporte ma vision pour un avenir technologique prometteur en Afrique et à travers le monde où chacun trouvera sa place.

VTG : Est-ce que l’intelligence artificielle (IA) pourrait-elle nous aider à lutter contre le changement climatique ?

J R : Imaginez un monde où chaque goutte d’eau est utilisée à son maximum, où les embouteillages sont devenus une chose du passé, et où nous pouvons suivre en temps réel les changements dans nos écosystèmes fragiles. Ce n’est pas de la science-fiction, c’est le potentiel de l’intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre le changement climatique.

Alors que les dirigeants mondiaux cherchent désespérément des solutions pour atténuer les effets du réchauffement planétaire, de plus en plus de personnes se tournent vers le potentiel inexploité de l’IA. Comme nous le faisons avec Human AI.

Cette technologie, souvent considérée comme le domaine des geeks de l’informatique ou des magnats de la Silicon Valley, prend désormais une dimension écologique sérieuse.

Imaginez des capteurs installés dans les forêts, les océans et dans l’air que nous respirons. Reliés à des algorithmes intelligents, ces capteurs nous donneraient une image en temps réel de la santé de notre planète.

Déjà, l’IA est utilisée pour surveiller les niveaux de pollution de l’eau et la qualité de l’air, fournissant des données essentielles qui peuvent informer les politiques publiques.

L’IA ne s’arrête pas là. Dans nos maisons et nos entreprises, des algorithmes intelligents peuvent réduire notre consommation d’énergie. Des systèmes de chauffage et de refroidissement activés par IA savent quand vous êtes à la maison et ajustent les températures en conséquence, évitant le gaspillage d’énergie.

Pensons aussi à l’agriculture. Des drones, équipés de divers capteurs et pilotés par IA, survolent les champs, analysant l’état des cultures et le taux d’humidité du sol. Le résultat ? Les agriculteurs savent exactement quand irriguer, réduisant ainsi le gaspillage d’eau et améliorant les rendements.

Et pour ce qui est du transport, des voitures autonomes pourraient un jour réduire, voire éliminer, les embouteillages, ce qui aurait un impact majeur sur les émissions de gaz à effet de serre. Les systèmes de gestion du trafic pourraient être optimisés pour éviter les congestions, rendant nos villes plus vertes.

VTG : L’IA n’aura-t-elle pas de lourdes conséquences environnementales ?

J R : C’est une question qui, ces derniers temps, prend des proportions gigantesques dans les débats publics. Les centres de données sont les cerveaux invisibles qui alimentent notre monde toujours plus connecté, et pourtant, ils consomment une énergie astronomique. De plus, l’urgence climatique croissante place l’IA au cœur d’un dilemme moral : peut-elle être à la fois le problème et la solution ?

Les serveurs qui carburent à l’électricité jour et nuit ne sont pas sans conséquences pour notre planète. Le refroidissement de ces ordinateurs titanesques nécessite également des ressources considérables.

Selon certains experts, si rien n’est fait pour limiter cette consommation, ces centres pourraient être responsables de jusqu’à 8 % de la demande mondiale en électricité d’ici 2030.

Mais avant de rejeter complètement cette technologie en raison de ses inconvénients, il est important de mettre en lumière les efforts innovants pour créer une IA plus « verte ».

Des entreprises technologiques investissent dans des solutions écologiques comme l’utilisation de l’énergie solaire et éolienne pour alimenter ces centres. Certains vont même jusqu’à récupérer la chaleur dégagée par les serveurs pour chauffer des espaces de vie ou des serres, une démarche en parfaite adéquation avec le concept d’une croissance plus économe en ressources, tel que décrit dans le rapport Villani.

N’oublions pas non plus que l’IA a le potentiel de contribuer significativement à la réduction de notre empreinte écologique. Elle permet des avancées en agriculture de précision, dans la gestion des déchets et même dans le suivi en temps réel des émissions de carbone. Les possibilités sont infinies et les bénéfices potentiels pour notre planète, immenses.

Toutefois, ces avantages ne doivent pas être réservés à une élite. Le défi de rendre l’IA accessible à tous, indépendamment de la géographie ou du statut socio-économique, est tout aussi crucial. Sinon, nous courons le risque d’accroître les inégalités, ce qui n’est pas sans conséquences sur l’environnement.

L’intelligence artificielle n’est ni une panacée écologique, ni une condamnation inévitable à l’effondrement environnemental. Elle est un outil, peut-être l’un des plus puissants que nous ayons jamais créés, qui doit être manié avec soin et responsabilité. L’IA a sa place dans une stratégie environnementale globale, mais elle doit être utilisée en parallèle avec des politiques publiques solides, des changements de comportement à grande échelle et d’autres formes de technologies durables. Alors, et seulement alors, elle pourra véritablement servir l’humanité dans sa quête pour atténuer le changement climatique. Notre crédo chez Human AI « L’Intelligence Artificielle au service de l’Humanité ».

VTG : En quoi la démocratisation de cet outil aide à faire face à l’urgence climatique sur le continent africain ?

J R : La démocratisation de l’intelligence artificielle (IA) en Afrique pourrait jouer un rôle transformationnel dans la lutte contre le changement climatique. Le continent est confronté à certains des défis environnementaux les plus pressants de notre époque, des sécheresses extrêmes aux inondations en passant par la déforestation. Voici quelques façons dont l’IA pourrait contribuer à atténuer ces problèmes.

Tout d’abord, l’IA peut aider à optimiser l’utilisation des ressources naturelles. Par exemple, des systèmes intelligents peuvent être utilisés pour gérer l’irrigation agricole, ce qui réduit le gaspillage d’eau et permet une utilisation plus efficace des terres arables. De même, des capteurs et des algorithmes d’apprentissage automatique peuvent être utilisés pour surveiller les niveaux de pollution de l’air et de l’eau en temps réel.

Ensuite, l’IA peut contribuer à une meilleure prévision et gestion des catastrophes naturelles. Des algorithmes peuvent analyser des données météorologiques complexes pour anticiper des phénomènes météorologiques extrêmes comme les ouragans et les inondations, permettant ainsi une meilleure préparation et une réduction des dommages.

La démocratisation de l’IA signifie aussi que ces technologies peuvent être plus accessibles et abordables, non seulement pour les gouvernements, mais aussi pour les petites entreprises et les individus. Cela est essentiel pour garantir que les avantages de l’IA ne sont pas uniquement réservés aux pays ou aux communautés les plus riches.

Chez Human AI, notre mission est de démystifier et de rendre accessible cette technologie, tout en intégrant une éthique multiculturelle dans toutes nos initiatives.

Cependant, il est indispensable que cette démocratisation soit gérée de manière éthique et durable. Comme l’IA requiert une grande quantité de données et de puissance de calcul, il est essentiel que ces ressources soient obtenues de manière responsable. L’utilisation de sources d’énergie renouvelables et des pratiques de recyclage peuvent aider à minimiser l’empreinte carbone de ces technologies.

La démocratisation de l’IA en Afrique a le potentiel de contribuer de manière significative à la lutte contre le changement climatique, mais cela doit être fait de manière réfléchie et durable. L’accessibilité et l’abordabilité seront clés pour garantir que l’IA peut être utilisée pour le bien de tous, et pas seulement d’une élite privilégiée.

Cet entretien a été réalisé avec Hector NAMMANGUE