Eau de coco, huile vierge, sucre ou encore produits cosmétiques : le cocotier est au cœur d’une demande mondiale en forte croissance, portée par de nouveaux modes de consommation axés sur le bien-être et les produits naturels. Pourtant, malgré cet engouement, la production mondiale peine à suivre. En quarante ans, les rendements n’ont que faiblement progressé, passant de 3,7 à 5,6 tonnes de noix par hectare et par an, révélant les limites d’un modèle aujourd’hui confronté à de nombreux défis.
Vieillissement des plantations, changement climatique, maladies comme le jaunissement mortel ou encore pression des ravageurs : la filière cocotier traverse une phase critique. Majoritairement portée par des exploitations familiales, notamment en zones tropicales, elle reste peu structurée et vulnérable aux chocs environnementaux et économiques.
En Afrique de l’Ouest, et particulièrement au Togo, ces difficultés se traduisent par une baisse de productivité, une dégradation des cocoteraies et une fragilisation des revenus des producteurs dans les zones côtières.
Face à ces enjeux, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) propose une feuille de route articulée autour de trois solutions majeures pour transformer durablement la filière.
La première repose sur le renforcement de la recherche scientifique et de l’amélioration génétique. Le cocotier présente une grande diversité morphologique et génétique, encore sous-exploitée. Mieux comprendre cette variabilité permet de sélectionner des variétés plus résistantes aux maladies, mieux adaptées aux nouvelles conditions climatiques et capables d’offrir de meilleurs rendements. Pour des pays comme le Togo, où une partie des plantations est vieillissante, ce levier apparaît essentiel pour renouveler les cocoteraies et sécuriser la production à long terme.
La deuxième solution concerne la transition agroécologique. Le Cirad insiste sur la nécessité d’accompagner les producteurs vers des pratiques plus durables, notamment face à la progression des ravageurs et des maladies. Aujourd’hui, certaines menaces comme le scarabée Oryctes spp. ou le jaunissement mortel continuent de fragiliser les plantations, sans solutions de lutte pleinement efficaces en dehors des traitements chimiques.
Dans ce contexte, la formation des producteurs, la diffusion de bonnes pratiques et la gestion intégrée des cultures deviennent indispensables. Au Togo, où les moyens techniques restent limités, ces approches pourraient permettre de mieux protéger les cocoteraies tout en réduisant les coûts de production.
Enfin, la troisième orientation vise à renforcer les compétences des acteurs et à structurer la filière. Le manque d’organisation, l’insuffisance d’informations de marché et la faible valorisation des produits constituent des freins majeurs au développement du secteur. Le Cirad préconise ainsi de consolider les savoirs, de développer des formations adaptées et de promouvoir des procédés de transformation innovants.
Pour le Togo, cela représente une opportunité importante : la transformation locale du coco, qu’il s’agisse d’huile, d’eau de coco ou de produits dérivés, pourrait générer davantage de valeur ajoutée et créer des emplois, notamment pour les jeunes et les femmes.
Dans un contexte marqué par le changement climatique et la nécessité de repenser les systèmes agricoles, ces trois axes : amélioration génétique, agroécologie et renforcement des capacités offrent une voie concrète pour relancer la filière cocotier.
Au Togo, où cette culture reste essentielle pour les communautés côtières, leur mise en œuvre pourrait contribuer à bâtir une filière plus résiliente, plus productive et mieux intégrée aux dynamiques économiques locales.

