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La biodiversité érigée en levier économique avec le programme BIOFIN

Le Togo franchit une étape décisive dans la gestion de son patrimoine naturel. Les 8 et 9 juillet 2026 à Lomé, acteurs publics, privés et partenaires internationaux ont examiné le premier rapport d’analyse du financement de la biodiversité. Objectif : passer d’une logique de préservation à une logique d’investissement durable.

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Lancé officiellement au Togo le 21 janvier 2026, le programme BIOFIN (Initiative pour le financement de la biodiversité) du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), soutenu par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) et plusieurs partenaires dont l’Union européenne, la Norvège, la Belgique et l’Allemagne, entre dans sa phase opérationnelle. L’atelier des 8 et 9 juillet visait à valider le rapport d’analyse des politiques et institutions de financement de la biodiversité (API), première étape vers l’élaboration d’un plan national.

Cinq axes pour diagnostiquer et agir

Selon Amouzouvi Kokouvi, coordinateur national de BIOFIN-Togo, l’analyse porte sur cinq domaines : les politiques nationales en matière de biodiversité, les tendances écologiques du pays, le paysage de financement existant, les institutions impliquées dans la conservation, et la priorisation des solutions financières. Le dr Nabédé Piyabalo, directeur de cabinet au ministère de l’Environnement, a indiqué que l’atelier devait également identifier les subventions qui, sans le vouloir, nuisent à la biodiversité togolaise.

Pour Abiziou Tchninguilou, chargé de programme environnement au PNUD Togo, le programme s’inscrit dans le plan stratégique 2026-2029 du PNUD, qui établit un lien étroit entre développement durable et prospérité. À l’échelle mondiale, BIOFIN a été déployé dans une quarantaine de pays et a contribué à mobiliser près de 2,7 milliards de dollars pour la nature.

Moins de dépendance extérieure, plus de souveraineté écologique

L’ambition affichée dépasse la simple préservation des écosystèmes. Il s’agit de réduire progressivement la dépendance du Togo aux financements extérieurs en mobilisant davantage de ressources nationales, publiques et privées, pour la conservation de la nature. Selon La Cinquième (12 juillet 2026), le futur plan devra servir de feuille de route pour mieux orienter les investissements, renforcer la transparence dans la gestion des ressources et ancrer durablement le financement de la biodiversité dans les politiques nationales.

Ce plan de financement viendra compléter les engagements environnementaux déjà pris par le Togo : restauration d’un million d’hectares de paysages forestiers dégradés d’ici 2030, programme de mise en terre d’un milliard d’arbres sur dix ans, et adoption du budget vert pour la troisième année consécutive en 2026.

Par Emile AZIAMBLE  |  Journaliste stagiaire, Vert Togo