Longtemps pointée du doigt pour son lourd impact climatique, l’industrie du ciment s’est mise au vert. Au Togo, Heidelberg Materials Togo affirme vouloir prendre sa part dans cette transition, en engageant une réduction progressive mais structurée de ses émissions de CO₂, à travers des changements profonds dans ses modes de production.
Le groupe Heidelberg Materials s’est fixé un objectif clair : ramener l’intensité carbone de sa production à 400 kg de CO₂ par tonne de ciment d’ici 2030. Pour la filiale togolaise, cet engagement se traduit par une feuille de route axée sur la réduction du facteur clinker et la substitution des énergies fossiles, deux leviers majeurs dans un secteur historiquement dépendant du charbon et du coke de pétrole.
La stratégie prévoit notamment une substitution des combustibles fossiles par des combustibles alternatifs pouvant atteindre 33 %, tout en maintenant les exigences de performance industrielle.
Clinker : le cœur du problème, mais aussi de la solution
La fabrication du clinker concentre l’essentiel des émissions du secteur cimentier. Consciente de cet enjeu, Heidelberg Materials Togo a engagé une transition progressive de cette étape clé de la production.
L’entreprise a amorcé l’utilisation de la biomasse, avec un taux de substitution thermique (TSR) déjà estimé à 15 %. Elle recourt également, sous autorisation réglementaire, à plusieurs combustibles alternatifs : huiles usagées, pneus en fin de vie, plastiques non recyclables et RDF (Refuse Derived Fuel). Une approche qui s’inscrit dans une logique d’économie circulaire, à condition d’un encadrement strict des impacts environnementaux.
À cela s’ajoute l’intégration de l’énergie solaire dans le mix énergétique, marquant une volonté d’accroître la part des énergies renouvelables dans les opérations industrielles.
Ces différentes mesures permettent aujourd’hui une réduction estimée à 130 kg de CO₂ par tonne de clinker, un signal encourageant dans un secteur réputé difficile à décarboner.
Pollutions, eau et sols : une vigilance environnementale nécessaire
La réduction du carbone ne peut se faire au détriment de l’environnement local. Heidelberg Materials Togo met ainsi en avant un suivi renforcé des rejets atmosphériques et aquatiques, avec des analyses régulières visant à garantir le respect des seuils d’émission.
La gestion responsable des ressources naturelles fait également partie des priorités affichées, notamment en matière d’utilisation de l’eau et de préservation des sols, dans un contexte togolais marqué par une pression croissante sur les écosystèmes.
Au-delà de l’usine, la transition se joue aussi dans les produits. Heidelberg Materials Togo affirme privilégier les ciments à faible teneur en clinker, en augmentant l’incorporation de matériaux cimentaires secondaires.
Cette évolution permettrait de ramener l’empreinte carbone des ciments à environ 550 kg de CO₂ par tonne, contribuant ainsi à une construction plus durable, alors que les besoins en infrastructures restent élevés au Togo.
Entre responsabilité industrielle et attente sociétale
Si ces engagements marquent une avancée, ils soulèvent aussi une attente forte de la société civile : transparence des données, suivi indépendant des émissions, dialogue avec les communautés riveraines. Dans un pays vulnérable aux effets du changement climatique, la décarbonation de l’industrie lourde ne peut être seulement déclarative.
En s’engageant sur la voie de la transition climatique, Heidelberg Materials Togo ouvre un chantier stratégique : celui d’une industrie cimentière plus responsable, capable de concilier développement économique, protection de l’environnement et justice climatique.

