Autrefois très dégradée, la forêt communautaire de Goubi, d’une superficie de 963 ha située dans la commune de Tchamba 3 est en train de renaître de ses cendres. Ceci, grâce à plusieurs approches de solution qui ont été intégrées à sa gestion via différents projets (GIZ, Contourglobal, MERF, Forest Future).
Grâce à ces différents projets, les écosystèmes de la forêt communautaire se restaurent progressivement.
[1]Mais, d’après le président du comité de gestion de la forêt communautaire de Gobi, Inandjo Irékonèotè, ces actions de restauration écosystémiques étaient une initiative des collectivités locales.
« Tout a débuté avec l’initiative de la collectivité. Ensuite il y a eu certains partenaires qui nous ont aidé par rapport au reboisement et surtout au niveau du plan d’aménagement. L’année précédente, nous avons réalisé l’inventaire pour les coupes. Mais c’est toujours avec l’autorisation du ministère. On fait les coupes annuellement. », affirme-t-il.
Et pour les reboisements, a-t-il précisé, « ils sont souvent financés par les ONG et leurs partenaires. Ils nous paient pour les plants.»
Quant à la question de savoir les mécanismes mis en place pour que cette forêt soit bénéfique pour les communautés, la rigueur est le maître mot, selon le président du comité de gestion.
« Nous sommes assez rigoureux sur l’exploitation de la forêt. Nous n’acceptons pas que les gens y entrent pour y faire quoi que ce soit. Nous avons également érigé des interdits par rapport à la coupe. »Par contre il n’a pas manqué d’évoquer les difficultés rencontrées dans cette gestion, notamment les dégâts occasionnés par les bergers peuls.
Un avantage économique pour les communautés
A Goubi, la foresterie communautaire procure parmi tant d’autres, un avantage économique : celui de l’exploitation des produits forestiers ligneux et non ligneux. Ceci permet aux communautés, d’après le Dr Komla Gatonou, expert forestier sur le projet « Forest for the future », de tirer profit de l’exploitation des forêts avec lesquelles le lien est aussi vieux que le ciel. De plus, cette exploitation est l’une des étapes de mise en œuvre du plan d’aménagement de la forêt.
« La Forêt communautaire de Gobi s’est dotée d’un plan d’aménagement. Il est prévu 15 à 7 assiettes de coupe dans la série de production. », a-t-il expliqué.
« Et chaque année, la communauté bénéficie d’une exploitation forestière, c’est-à-dire d’une assiette de coupe. L’argent qui est issu de cette exploitation annuelle permet de réaliser des infrastructures communautaires. Il y a également une partie qui revient à la commune et à la préfecture. Une autre partie est utilisée pour l’entretien et la surveillance de la forêt. », a-t-il ajouté.
Notons qu’un nouveau bureau exécutif a été élu à la tête du comité de gestion de la forêt communautaire de Goubi au terme d’une assemblée générale tenue le 5 mars dernier à Goubi.
Ce bureau, composé de 15 membres, est présidé par Inandjo Irékonèotè pour un mandat de 5 ans. Il a pour tâche de veiller à la bonne gestion des ressources de la forêt communautaire tout en la préservant de la dégradation.
Pour ce faire, le bureau mettra en place un comité de suivi et une cellule technique composée de 4 commissions spécialisées à savoir celles chargées de la surveillance de la forêt, du reboisement, de la valorisation des produits de bois et la valorisation des produits forestiers non ligneux.

