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De l’énergie solaire pour transformer la région des savanes

Alors que les marchés mondiaux de l’énergie sont de plus en plus instables sous l’effet des crises géopolitiques, le Togo affirme son ambition : réduire sa dépendance aux énergies fossiles et garantir un accès équitable à l’électricité à toutes ses populations, y compris les plus éloignées. Le lancement officiel de la centrale solaire de Dalwak dans la région des Savanes, couplé au projet régional RESPITE, traduit un tournant stratégique : l’énergie propre devient une arme de souveraineté, de justice climatique et de transformation sociale.

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Le centre solaire de Dalwak

Sur un site de 74 hectares, la centrale solaire de Dalwak prend forme. D’ici 13 mois, 36 000 panneaux photovoltaïques y produiront plus de 52 000 MWh par an, suffisamment pour alimenter près de 29 000 ménages répartis dans 61 localités. Le chantier, mené par l’entreprise chinoise TBEA, permettra d’éviter l’émission annuelle de plus de 33 000 tonnes de CO₂, un geste fort pour le climat à l’échelle régionale.

L’énergie produite sera injectée directement dans le réseau national via la CEET et la Communauté Électrique du Bénin (CEB). Mais au-delà des chiffres, cette initiative est une réponse aux inégalités territoriales d’accès à l’électricité, notamment dans la région des Savanes, longtemps restée en marge du développement énergétique.

Pour Mawusi Kakatsi, ministre délégué auprès du ministre des Mines, « l’accès à une électricité propre et continue est une condition de base pour bâtir l’économie, garantir l’éducation, la santé, et créer des emplois. »

Le projet RESPITE : électrification rurale, équité et résilience climatique

En parallèle, le projet RESPITE vient renforcer cette dynamique. Sa seconde composante cible l’électrification rurale avec 1 853 lampadaires solaires installés pour l’éclairage public et 12 100 ménages supplémentaires raccordés. Une priorité est accordée aux ménages vulnérables dirigés par des femmes, intégrant ainsi une dimension de justice sociale à la transition énergétique.

Le projet intègre également un volet crucial mais souvent négligé : la résilience climatique des infrastructures électriques. À l’heure où les effets du dérèglement climatique se font déjà sentir sur les installations notamment les inondations, les vents violents, les sécheresses. Cette anticipation marque un progrès dans la planification durable.

RESPITE inclut enfin une assistance technique au secteur énergétique afin de garantir la viabilité à long terme de ces efforts. Cela traduit une volonté du gouvernement d’aller au-delà des annonces, vers une institutionnalisation de la transition énergétique.

Enjeux et défis à l’horizon 2030

À travers ces deux projets, le Togo espère atteindre 75 % de taux d’électrification d’ici 2025, pour un accès universel en 2030, conformément à la feuille de route « Togo 2025 ». L’objectif est ambitieux, mais il soulève plusieurs enjeux. D’abord, la nécessité de financements constants et durables pour maintenir la dynamique, à un moment où la concurrence entre pays pour les ressources climatiques est forte.

Ensuite, la formation de ressources humaines locales qualifiées pour gérer, entretenir et optimiser ces nouvelles infrastructures est capitale. Enfin, la transition énergétique ne pourra être pleinement réussie sans la sensibilisation des populations à l’importance de l’énergie propre et à la réduction des comportements énergivores.

L’exemple togolais montre que la transition énergétique ne se résume pas à une question technique ou financière. Elle est fondamentalement une transformation sociétale : elle reconfigure les territoires, redéfinit les priorités politiques, et redistribue les opportunités. L’énergie solaire, ressource locale, inépuisable et propre, devient un levier de justice et de paix sociale.

À condition que les efforts soient maintenus, que l’inclusion reste au cœur des politiques publiques, et que l’environnement ne soit pas un simple argument, mais un fondement de l’action.