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Créer de la richesse en protégeant la nature

Au Togo, l’entrepreneuriat vert se structure progressivement autour d’un objectif : permettre aux acteurs économiques de créer de la richesse tout en contribuant à la restauration des écosystèmes.

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Dans cette dynamique, 34 écoentreprises bénéficient depuis juillet 2026 d’un accompagnement en gestion, en entrepreneuriat vert et en restauration des paysages forestiers, dans le cadre du projet AFR100 mis en œuvre au Togo par la FAO avec l’appui du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), en partenariat avec l’AUDA-NEPAD, la GIZ et le World Resources Institute (WRI).

À Kpogandji dans la préfecture de la Kloto, le Centre d’incubation et de ressources en agrobusiness (CIRAB TSESSI) accompagne des porteurs de projets engagés dans l’économie verte et le développement durable.

C’est dans ce cadre qu’une délégation de la FAO Togo a effectué une visite du centre ce vendredi 28 août 2026, à l’occasion du suivi des activités menées auprès des écoentrepreneurs.

« Nous sommes un centre qui œuvre dans la production agroécologique, la conservation des ressources naturelles et, surtout, dans la manière d’entreprendre dans tout ce secteur vert pour pouvoir créer de la richesse », explique BAHE Komi, directeur exécutif du centre.

De l’idée à une entreprise viable

Après la signature d’une convention avec l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO-Togo) et avec l’appui du cabinet international InfoImpact, 34 écoentreprises ont été sélectionnées parmi 277 candidatures. Leur accompagnement a officiellement démarré le 1er juillet 2026.Le dispositif distingue deux catégories de bénéficiaires.

Dix écoentreprises, déjà opérationnelles et connaissant une dynamique de croissance, sont considérées comme des « accélérateurs ». L’objectif est de les aider à changer d’échelle. Les 24 autres, encore à leurs débuts, sont accompagnées pour franchir le cap vers la croissance.

La formation ne porte donc pas uniquement sur les techniques environnementales. Elle cherche également à donner aux entrepreneurs les outils nécessaires pour transformer leurs initiatives en activités économiquement viables.« Nous leur donnons des outils sur la façon d’entreprendre dans l’environnement, de gagner ou de créer de la richesse en pratiquant leurs activités économiques dans le secteur forestier, sans toutefois détruire leur écosystème ou plutôt en l’améliorant », souligne BAHE Komi.

Entreprendre tout en restaurant les paysages

Cette approche rejoint directement les ambitions du projet AFR100, qui vise à accélérer la restauration des paysages dégradés en Afrique. Au Togo, les initiatives soutenues cherchent ainsi à faire de la restauration des écosystèmes une opportunité économique pour les communautés et les entrepreneurs.

Les éco entrepreneurs sont notamment initiés aux pratiques de restauration : plantation, aménagement et gestion des espaces naturels. L’enjeu est de maintenir des écosystèmes productifs capables de fournir des services écosystémiques, notamment en matière de lutte contre le changement climatique.

« Restaurer, c’est savoir comment planter, comment aménager, comment garder l’environnement plus productif et rendre les services écosystémiques », précise le directeur exécutif du CIRAB TSESSI.

La gestion, clé de la pérennité

L’accompagnement porte également sur le développement personnel et les compétences entrepreneuriales. Les bénéficiaires sont formés à la gestion économique et financière, à l’élaboration de plans d’affaires, à la préparation des documents financiers ainsi qu’aux obligations juridiques et fiscales.

Pour BAHE Komi, la conformité constitue une étape importante pour permettre aux petites entreprises de se développer et d’accéder aux opportunités de financement.

« C’est quand on se conforme juridiquement qu’on peut évoluer sur le plan entrepreneurial et surtout capter de la valeur », insiste-t-il.

Une attention particulière est actuellement accordée à l’élaboration des plans d’affaires à l’aide de RuralInvest, un outil utilisé par la FAO pour accompagner la préparation de projets d’investissement.

Après cette phase de formation, les écoentrepreneurs devraient présenter leurs plans d’affaires à des institutions de financement et aux partenaires impliqués dans le programme.

L’objectif est désormais de transformer les connaissances acquises en projets financés et opérationnels. Pour les 34 entreprises accompagnées, l’enjeu est double : consolider leur modèle économique et démontrer que la protection et la restauration des écosystèmes peuvent également constituer une source durable de revenus.

À travers cet accompagnement, le CIRAB TSESSI entend ainsi contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs capables de placer l’environnement au cœur de leur modèle économique : créer de la valeur, développer des activités rentables et restaurer les paysages plutôt que les dégrader.