Quand on parle de migration des jeunes, on pense souvent à leur déplacement vers le milieu urbain ; mais la question pourrait être abordée autrement : pourquoi les jeunes urbains ne retournent-ils pas souvent en milieu rural ? Et c’est à cette question que l’Association des Ruraux Épanouis-TOGO (A.R.E.-TOGO [1]) , une Association de Développement humain durable au service des populations rurales au Togo située à Notsè essaie de répondre avec une démarche qui consiste à drainer les citadins togolais vers les villages grâce aux principaux projets à financement participatif qu’elle a mise sur pied.
À en croire, M. TEWOU Novissi Dodzi, le Président de l’Association, cela fait déjà deux (2) ans, que cette démarche a permis à plus de deux cent jeunes citadins de se regrouper dans une dizaine de micros entreprises rurales solidaires.
Il confie à vert-togo.tg que deux villages dans la préfecture du haho dans les plateaux seront d’ici fin 2020 , des zones d’écotourisme attractives suite à ces projets à financement participatif.
[2]Et de préciser « À kopeyeye dans le Haho , par exemple, grâce à notre approche, une école primaire est déjà réhabilitée et a donné l’occasion aux écoliers de faire une rentrée paisible. Un moulin et un service agricole sont en train d’être financé par une trentaine de personnes pour impacter sur la vie du village de KOPEYEYE. Nous sommes en attente des bonnes volontés pour continuer notre mission qui est celle de créer des emplois au village et de réduire l’exode rural au profit de l’exode citadin.
Développer le milieu rural pourrait aider à maintenir les jeunes au village !
Le développement rural doit aller avec le développement agricole pour inciter les jeunes à s’installer dans les milieux ruraux et pratiquer l’agriculture, affirme le premier responsable de l’Association Rurale.
[3]« Et c’est le pourquoi nous avons mis en place ces stratégies qui facilitent leur accès aux facteurs de production clé comme la terre ou le capital. » , précise t-il.
Selon lui, tout est parti d’une idée d’affaires portée dans des groupes WhatsAp créés à l’instar des CERT ( créateurs des entreprises rurales au Togo) et des sensibilisations qui ont permis aux membres de trouver pour leur compte.
Les projets sont généralement agricoles ou à transformation comme les cultures de soja biologiques, des plantes médicinales et aromatiques, ananas, manioc, production de savon, production de pain etc…
Les résultats en fin d’exercice seront partagés au prorata et une partie servira à développer les zones où les activités se dérouleront. Grâce à cette démarche, plus de cinquante (50) personnes sont devenues copropriétaires de cinquante (50) hectares de terrain dans la préfecture du Haho en vue de produire ensemble du manioc en 2020.
L’association ayant pour but d’améliorer les conditions de vie des ruraux au travers de la promotion de l’environnement et sylvopastoralisme» identifie les conditions majeures qui freineraient la migration des jeunes vers les milieux urbains.
« Une chose est certaine, les jeunes recherchent des opportunités et l’on ne peut leur refuser de développer des stratégies pour y avoir accès ; que ces dernières leur soient rentables ou pas. », renchérit-il.
Il faut noter que A.R.E.-TOGO [1] veut permettre à tout Togolais sans distinction d’ethnie, de race ni de religion d’avoir une bonne santé à travers l’alimentation et à la consommation des mets locaux bio.
Elle accompagne plusieurs jeunes entrepreneurs au travers de CAT SARL (Comptoir Agricole du Terroir) qui est une entreprise agroalimentaire choisie par le ministère de l’agriculture pour abriter la plus grande unité de transformation de manioc de la préfecture au grand plaisir des ruraux. Sa mission est d’accompagner les producteurs agricoles des villages de la préfecture de HAHO dans les cultures agrobiologiques telles que : le maïs, le soja, l’arachide, le manioc, le curcuma, le moringa.
Edem Kolani

