Autrefois minée par les délestages intempestifs et un accès précaire à l’électricité, la préfecture de Blitta vit aujourd’hui une véritable mutation grâce à sa centrale photovoltaïque Sheikh Mohamed Bin Zayed.
Avec l’appui déterminant de la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD), cette infrastructure redessine le quotidien des populations et stimule les activités économiques et sociales.
Dans la préfecture de Blitta, l’accès à l’électricité a longtemps constitué un frein majeur au développement socio-économique. Les coupures quotidiennes entravaient aussi bien les activités économiques que les services sociaux essentiels.
« L’ensemble de la préfecture était défaillant. C’était carrément dérisoire et c’est vrai que ce qui existait n’arrivait pas à couvrir en plein temps. La nuit comme le jour, on n’avait pas suffisamment d’électricité », rappelle M. Boukari Batossa, préfet de Blitta.
Aujourd’hui, la centrale photovoltaïque Sheikh Mohamed Bin Zayed affiche une capacité de production de 70 mégawatts, appuyée par 4 mégawatts de batteries de stockage. Le dispositif permet de maintenir l’alimentation électrique après le coucher du soleil.
« Nous avons construit la première tranche qui était de 50 mégawatts en moins de 18 mois, ce qui est quand même une prouesse », souligne M. Hervé Riouh, représentant du directeur général d’AMEA Togo Solar, qui met également en avant le soutien de la BOAD dans la réalisation du projet.
Un essor économique porté par l’électricité
L’accès plus régulier à l’électricité a dynamisé le tissu économique local. Des artisans et commerçants ont pu créer ou développer leurs activités, notamment dans la tôlerie, la ferraillerie, les poissonneries et les commerces de proximité.
« Aujourd’hui, si vous faites le tour de la ville, vous verrez que la centrale a permis la création de nouveaux métiers et l’installation des acteurs économiques », observe le professeur Essohanam Batchana, maire de Blitta.
L’infrastructure soutient également une centaine d’emplois directs et indirects à l’année et contribue à renforcer l’attractivité du territoire pour de nouvelles unités industrielles.
Cette régularité de l’électricité a profondément changé les habitudes des habitants. « Hier, les élèves utilisaient les lampes à pétrole. Aujourd’hui, lorsqu’il y a une petite coupure de courant, vous allez entendre des cris de désapprobation dans la ville. Cela veut dire que la population a intégré l’existence du courant comme quelque chose de quotidien », témoigne le maire.
Des effets sur l’éducation et la santé
Les retombées se font également sentir dans les secteurs sociaux. L’électrification des établissements scolaires et le déploiement de mini-connexions photovoltaïques dans certaines zones isolées offrent aux élèves de meilleures conditions pour étudier.
Selon le maire, cette évolution se reflète dans les performances scolaires. « Blitta était dans le ventre mou des performances scolaires. Mais depuis quelques années, grâce à cette centrale, les taux de réussite dans la commune ont progressé et Blitta se présente aujourd’hui comme une commune en tête de peloton », explique-t-il, tout en relevant une baisse du taux d’abandon scolaire.
Dans le domaine sanitaire, la stabilité de l’alimentation électrique a également accompagné le renforcement de l’offre de soins, notamment avec la construction d’une succursale de l’hôpital de référence Dogta-Lafiè au sein du Centre hospitalier préfectoral (CHP) de Blitta.
Si la couverture des hameaux les plus reculés demeure un défi, l’expérience de Blitta montre déjà comment un investissement dans les énergies renouvelables peut contribuer à renforcer l’économie locale, améliorer les services sociaux et accroître l’attractivité d’une collectivité rurale.
À Blitta, le solaire n’éclaire donc plus seulement les maisons : il contribue à éclairer de nouvelles perspectives de développement.

