Au sein des pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), plusieurs interventions sont notées pour la promotion de l’emploi des jeunes avec diverses approches. Toutefois leur efficacité globale n’est pas suffisamment vulgarisée ou appréhendée, face à l’ampleur du chômage persistant, le désarroi grandissant des jeunes/femmes, avec une recrudescence de la migration clandestine ainsi que des crises sociales menaçantes dans la sous-région.
Il est toutefois salutaire que les questions d’emploi des jeunes soient au centre des préoccupations des gouvernements et des organisations ouest-africaines, à travers des politiques et initiatives publiques en faveur de l’employabilité des jeunes et surtout de l’entrepreneuriat de masse.
[1]C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles, dans son cadre stratégique 2022-2031, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ambitionne de soutenir des stratégies sous régionales et continentales, notamment l’agenda 2030, pour la transformation vers des systèmes agroalimentaires plus efficaces, inclusifs et résilients.
En mars 2023, l’équipe multidisciplinaire (MDT) sous régionale de la FAO en Afrique de l’Ouest (SFW) a organisé un forum régional à Dakar sur le thème « Promouvoir l’emploi des jeunes dans les systèmes agroalimentaires en Afrique de l’ouest ».
Il en est ressorti la nécessité d’investir davantage dans le secteur Agro-Sylvo-Pastoral et Halieutique (ASPH), en vue de le rendre plus compétitif, moderne et attractif pour tous les jeunes, notamment les jeunes ruraux.
En réponse à cette préoccupation, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, (CEDEAO) organisent depuis hier mardi à Lomé, un atelier sous régional sur l’employabilité des jeunes dans le secteur Agro-Sylvo-Pastoral et Halieutique (ASPH).
Cet atelier de deux jours s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie régionale d’employabilité des jeunes dans le secteur agro sylvo pastoral et halieutique de la CEDEAO, conforme aux recommandations de la 4ème réunion de l’Equipe Multidisciplinaire de l’Afrique de l’Ouest.
D’une manière concrète il s’agira au cours de cette rencontre, de préparer un plan d’actions dédié à l’emploi des jeunes dans le secteur Agro-sylvo-pastoral et halieutique, sur les 2-3 prochaines années et aligné sur les stratégies et priorités nationales et sous régionales (stratégie employabilité de la CEDEAO en particulier) sur l’emploi jeunes et dans le secteur agro-sylvo pastoral et halieutique (ASPH).
« Vous savez il y a besoin d’agir et nous pensons qu’on peut agir efficacement et mieux pour favoriser l’employabilité, l’entrepreneuriat et l’inclusion des jeunes dans le secteur agro-sylvo-pastoral et éthique qui a les plus grandes et énormes opportunités. C’est vrai que ce secteur emploi déjà un bel groupe d’employés déjà dans notre sous-région mais on doit faire davantage pour avoir plus d’investissement, on doit avoir plus d’engagement pour concrétiser des emplois durables et décents pour le profit de la jeunesse dans notre sous-région. », a fait savoir, Djibril DRAME, Chargé d’Agrobusiness et Point Focal Emploi des Jeunes FAO Bureau Sous Régional pour l’Afrique de l’Ouest.
Travailler sur les défis spécifiques
Aussi a-t-il ajouté qu’un travail se fasse essentiellement sur les défis auxquels la jeunesse est confronté.
« Sur toute la chaîne agricole, on a des opportunités réelles pour faire du business dans le secteur agro sylvo pastoral et éthique. Mais bien sûr, pour pouvoir saisir ces opportunités, il faut pouvoir travailler sur les défis spécifiques en fait à la jeunesse. Les jeunes sont spécifiquement confrontés à des taux de chômage très élevés, comparés par exemple aux adultes. On a environ une moyenne de 22% et demi. Donc, les difficultés d’accès aux connaissances, aux innovations. Ils ont des difficultés d’accès au financement, aux ressources productives. »,a-t-il précisé.
Pour la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), il est important que la force de travail que constitue la jeunesse s’investisse dans le secteur agro sylvo pastoral et halieutique, principale locomotive de l’économie et du développement de la région.
[2]« L’employabilité des jeunes permettra de réduire leur émigration incontrôlée hors de la région et du continent, leur exposition au risque d’intégrer les groupes de malfaiteurs (terrorisme, banditisme, etc.) et renforcer ainsi la paix et la stabilité de la région qui fait déjà face à de nombreux fléaux dont l’insécurité et la pandémie du coronavirus. », a indiqué le Directeur de l’agriculture et du développement rural de la Commission de la CEDEAO, Alain Sy Traoré.
« La commission de la CEDEAO ressent l’urgence de trouver des mesures novatrices pour collaborer davantage pour résoudre le problème persistant de chômage dans nos états membres. Plusieurs approches sont notés dont l’amélioration de la production agricole et investir dans les chaînes de valeur alimentaire et agricoles. », a t-il cité.

