Les pays africains doivent investir en priorité dans l’assainissement et le traitement des eaux usées dans le cadre de leurs programmes respectives de relance post-pandémique, a déclaré mardi une responsable du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).
Leticia Carvalho, directrice de la branche Marine et Eau douce du PNUE, a déclaré que la rénovation des infrastructures d’assainissement de l’Afrique permettrait de renforcer les efforts du continent pour surmonter les chocs causés par la pandémie et parvenir à une croissance inclusive.
« Tandis que le monde entier cherche à reconstruire en mieux après le COVID-19, il est essentiel de donner la priorité aux infrastructures de traitement des eaux usées et d’assainissement en Afrique », a affirmé Mme Carvalho à l’occasion du lancement du premier « Atlas de l’assainissement et des eaux usées en Afrique », un document compilé par le PNUE en collaboration avec la Banque africaine de développement (BAD).
Cet atlas, qui a été développé sur une période de quatre ans, vise à évaluer les progrès de l’Afrique dans la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) consacrés à l’assainissement et à la gestion des eaux usées.
Il appelle notamment à changer de politiques dans ce domaine, à trouver des financements innovants, à nouer davantage de partenariats stratégiques, et à cultiver un véritable engagement communautaire pour revitaliser les programmes d’hygiène et d’assainissement en Afrique.
La publication de cet atlas, qui fait partie d’un projet en quatre ans conjointement mis sur pied par le PNUE, la BAD et l’organisation norvégienne à but non lucratif GRID-Arendal, a permis de mettre en lumière l’état actuel des systèmes d’assainissement et de gestion des eaux usées en Afrique.
Il a également mis en évidence l’interdépendance entre l’homme, la santé des écosystèmes et l’économie circulaire, ainsi que leur rôle dans le développement socio-économique du continent.
Togo/COVID-19 : que deviennent les eaux après le lavage des mains ? [2]
Selon l’atlas, plus de la moitié de la population de 34 des 38 pays d’Afrique subsaharienne n’a même pas accès aux installations nécessaires pour se laver les mains.
Il recommande d’investir dans les politiques, les infrastructures et les compétences humaines nécessaires pour rendre opérationnelles les actions visant à atteindre les buts et objectifs de l’Agenda 2030, notamment ceux relatifs à l’assainissement durable et à la gestion des eaux usées.
La pandémie COVID-19 a accentué un besoin déjà existant de moderniser les infrastructures d’eau et d’assainissement en Afrique. Les auteurs du rapport exhortent les gouvernements africains à intégrer les programmes d’assainissement et d’épuration des eaux usées dans leur planification stratégique post-COVID-19.

