La vingtième Conférence des Parties à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES CoP20) se tient actuellement à Samarkand, en Ouzbékistan, du 24 novembre au 5 décembre 2025. Pour la première fois accueillie en Asie centrale, cette rencontre rassemble les 184 Parties ainsi que de nombreux experts, organisations internationales et acteurs de la société civile autour d’un agenda particulièrement dense.
Plus de cent points figurent à l’ordre du jour, dont une cinquantaine de propositions visant à modifier les Annexes I et II de la Convention, ainsi qu’un ensemble de décisions stratégiques sur le fonctionnement de la CITES pour les années à venir.
Les travaux ont été lancés à la suite d’un dialogue politique de haut niveau, organisé par l’Ouzbékistan et le PNUD, destiné à renforcer l’harmonisation des politiques nationales et internationales en matière de commerce durable des espèces sauvages.
Dans les premières séances, le Comité I s’est penché sur plusieurs questions de conformité et sur les mesures de conservation concernant les espèces les plus menacées par le commerce international. Les délégués ont notamment examiné la création d’une base de données actualisée pour le suivi de la production en captivité, adopté des amendements relatifs à l’Initiative conjointe CITES-CMS sur les carnivores africains et discuté de nouvelles mesures pour la conservation du lion d’Afrique, y compris la nécessité de disposer d’estimations fiables des populations nationales.
Les débats ont également porté sur la gestion des trophées de chasse de léopard, sur la recommandation de quotas d’exportation nuls pour les vautours ouest-africains, sur la compatibilité du commerce des amphibiens avec leur conservation, ainsi que sur les passereaux (“songbirds”), pour lesquels un groupe de rédaction a été constitué afin d’élaborer des propositions consensuelles. Certaines discussions, comme celle portant sur l’applicabilité de la CITES aux champignons, ont été suspendues faute d’accord.
En parallèle, le Comité II s’est consacré aux questions administratives, financières et institutionnelles qui structureront l’action de la Convention au cours du prochain triennium.
Les délégations étudient plusieurs scénarios budgétaires pour la période 2026-2028, discutent de la périodicité des futures Conférences des Parties et évaluent les mécanismes de soutien financier aux délégués des pays en développement.
Le Comité examine également des enjeux stratégiques majeurs, tels que le rôle de la CITES dans la prévention des maladies zoonotiques liées au commerce de la faune, la coopération renforcée avec les organisations internationales spécialisées notamment l’IPBES et l’ICCWC, la mise en œuvre de la Vision stratégique 2021-2030 ou encore l’élargissement du nombre de langues de travail de la Convention. Plusieurs propositions relatives à la gouvernance, à la transparence et au renforcement des capacités ont déjà été accueillies favorablement.
Dans les couloirs, les participants reconnaissent que cette CoP20 s’annonce comme un véritable marathon diplomatique. L’ampleur des sujets à traiter et la diversité des intérêts nationaux exigent un effort constant de compromis et de coordination.
Malgré la complexité des négociations, la détermination des délégations témoigne de l’importance accordée au rôle de la CITES dans la préservation des espèces menacées et dans l’encadrement d’un commerce international responsable.
Les décisions qui seront adoptées à Samarkand dans les prochains jours façonneront durablement les politiques de conservation à l’échelle mondiale et définiront le cap stratégique de la Convention pour les années à venir.

