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A Nairobi,19 chefs d’État africains appellent à une reconstitution ambitieuse de l’IDA à 120 milliards de dollars

Le cycle actuel de reconstitution des ressources de l’Association internationale de développement (IDA) intervient à un moment où les pays africains sont confrontés à de nombreux chocs tels que la crise de la dette, les graves conséquences du changement climatique, les effets de la pandémie du virus Covid -19, les tensions géopolitiques et les conflits qui sévissent actuellement dans le monde.

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Les dirigeants africains présents ont lancé un appel aux pays donateurs de l’IDA pour qu’ils augmentent leur contribution dans le courant de l’année afin de financer le développement des pays à faible revenu et de leur permettre d’investir dans un capital humain solide, d’étendre l’accès à l’énergie et au numérique, de renforcer la résilience face au climat et à la fragilité, les infrastructures, la santé et l’éducation.

Dans un communiqué lu par Mohamed Ould Ghazouani, le président de l’Union africaine, les chefs d’État ont appelé à une augmentation stable et prévisible des flux de financement concessionnel vers le continent. Ils ont appelé à une reconstitution ambitieuse de l’IDA 21 qui corresponde aux aspirations de développement de l’Afrique, ainsi qu’à un accès accru aux financements concessionnels à long terme, tout en mettant l’accent sur des partenariats plus solides et une coordination efficace et conjointe pour la réalisation de l’agenda économique et de développement de l’Afrique.

Avant le sommet, un groupe d’acteurs non étatiques a appelé les dirigeants africains à demander une reconstitution ambitieuse du fonds IDA de la Banque mondiale.

Coalition IDA

La Banque mondiale a également lancé la coalition IDA, composée de représentants de la société civile, de fondations, d’organisations de jeunes et du secteur privé, qui se feront les champions d’une reconstitution solide et ambitieuse des ressources de l’IDA. La coalition IDA est composée de One Campaign, Jacob’s Ladder, Bridgewater Associates, Equity Bank et Global Citizen.

Ce qu’ils ont dit :

William Ruto, Président de la République du Kenya« L’année dernière, nous avons attiré l’attention du monde entier sur le fait que les nations africaines payaient des taux d’intérêt jusqu’à cinq fois plus élevés que les taux habituels de la Banque mondiale et de la BIRD. Les pays en développement sont désormais des contributeurs nets à l’économie mondiale, alors qu’ils s’attendaient à recevoir des entrées nettes. Le FMI signale que le rapport entre les paiements d’intérêts et les recettes de l’Afrique subsaharienne a plus que doublé en dix ans, atteignant près de quatre fois celui des économies avancées d’ici à la fin de 2022.

En conséquence, plus de la moitié des bénéficiaires de l’IDA sont en situation de surendettement ou présentent un risque élevé. L’IDA reste leur source la plus fiable de capital patient, chaque dollar de financement des donateurs permettant un effet de levier supplémentaire de 3,5 dollars sur le marché des capitaux afin d’amplifier l’impact sur le développement. Notre proposition et notre demande s’appuient sur une vision du développement socio-économique de l’Afrique, exécutée avec transparence et inclusivité, et notre argumentation est simple.

 Il est essentiel d’injecter des capitaux importants dans l’IDA. Le groupe d’experts indépendants du G20 recommande de tripler la capacité de financement de l’IDA pour la porter à 279 de dollars d’ici à 2030, tout en maintenant la nature essentiellement concessionnelle de ses financements. À tout le moins, n’ignorons pas ou ne rejetons pas cet avis d’expert.

Ajay Banga, président du Groupe de la Banque mondiale« L’IDA reste déterminée à soutenir vos efforts et à investir dans les populations africaines. Nous nous efforçons de rendre l’IDA plus efficace et de lui permettre d’agir plus rapidement en réduisant les règles, les exigences et les redondances qui pèsent sur elle. Nous pensons qu’une IDA simplifiée et repensée peut être déployée de manière plus ciblée afin d’avoir un impact significatif sur la satisfaction des besoins fondamentaux tels que l’accès à l’énergie et aux soins de santé, la réalisation du potentiel agricole et la mise en place d’infrastructures et de compétences essentielles ».

« À la Banque mondiale et aux présidents africains, la transparence et la responsabilité doivent devenir les caractéristiques de l’IDA en Afrique. Des étapes claires, une communication solide et un engagement cohérent des citoyens contribueront à instaurer la confiance nécessaire dans l’utilisation de ces fonds pour répondre aux besoins des Africains. Notre travail sur l’IDA à ONE est fondé sur le renforcement de l’action de l’Afrique dans les processus décisionnels mondiaux. Nous collaborons donc avec des partenaires africains, du gouvernement à la société civile en passant par les citoyens, afin de créer une demande, d’élever leurs priorités et, surtout, de s’assurer que ces ressources ont un impact.Aux donateurs de l’IDA, nous demandons de passer à l’action. Nous sommes très lucides quant aux formidables vents contraires économiques, fiscaux et politiques qui soufflent sur vos pays. Mais les donateurs doivent augmenter leurs contributions d’au moins 25 % pour qu’IDA21 franchisse de manière significative la barre des 120 milliards de dollars ».