L’ONG Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE) a célébré la Journée mondiale des zones humides aux côtés des communautés d’Abobo Kpoguede, dans la commune de Zio 1, à travers une activité de restauration des mangroves.
L’événement a également été marqué par la commémoration des 25 ans d’existence de l’organisation. Placée sous le thème « Zones humides et savoirs traditionnels : célébrer le patrimoine culturel », cette activité vise à mobiliser et engager les communautés dans la sensibilisation, l’éducation et la collaboration pour la préservation et la restauration durables des zones humides et des écosystèmes marins, afin de promouvoir le développement durable.
[1]Les mangroves, écosystèmes incontournables des zones humides, sont aujourd’hui fortement menacées, malgré les nombreux services qu’elles rendent aux communautés. Selon JVE, il est urgent de porter une attention particulière à ces forêts littorales dont dépendent les populations locales.
« Nous avons constaté, à travers une étude, que les berges du lac sont dégradées. Là où se trouvent les écosystèmes de mangrove, leur état est particulièrement préoccupant. Il est donc nécessaire de mener des actions de reboisement, de restauration et de préservation afin qu’elles puissent continuer à bénéficier aux communautés riveraines », indique Edem ASSIGBLEY, Coordonnateur JVE région maritime.
Au total, 1 000 plants de mangroves, dont 800 rhizophoras et 200 avicennias ont été mis en terre à Abobo au cours cette journée. Ces nouveaux plants portent à 2 500 le nombre total de mangroves reboisées sur le site. D’autres localités de la commune de Vo 2 bénéficient également de ce projet de reboisement.
« Notre objectif est de disposer de plusieurs sites de mangroves restaurés et de faire en sorte que les communautés participent activement à cette restauration », a ajouté Edem ASSIGBLEY.
Le Secrétaire général du ministère de l’Environnement, Aoufoh Koffi DIMIZOU a, dans son allocution, rappelé l’importance des mangroves, aussi bien pour la séquestration du carbone que pour le maintien de l’équilibre biologique. Elles constituent notamment un habitat essentiel pour les ressources halieutiques, en particulier les poissons.
« Si nous voulons voir revenir les poissons, qui représentent une source importante de revenus pour nos populations, nous devons reconstituer cette mangrove », souligne-t-il.
Pour les bénéficiaires, cette initiative arrive à point nommé, dans un contexte où la perte de mangroves se faisait ressentir sur leurs activités.
« Nous sommes proches du lac, mais nous n’en profitons pas. Il n’y a plus assez de poissons comme avant, et nous sommes parfois obligés d’acheter du poisson congelé, ce qui ne nous arrange pas. Mais depuis le début de la restauration, nous constatons que les poissons commencent à revenir. Lorsque nous allons à la pêche, nous retrouvons de plus en plus de gros poissons en quantité. Les mangroves sont bénéfiques, et la situation s’améliore », témoigne Kodjo AKPENE, pêcheur à Abobo kpoguédé.
Ils insistent toutefois sur la nécessité d’entretenir les plants mis en terre. « Nous veillons régulièrement à entretenir les plants en enlevant les mauvaises herbes. Nous faisons aussi attention à ce que les bœufs ne viennent pas les brouter, car c’est l’un des problèmes que nous rencontrons ici », explique madame Massan GNAMAKOU.
À travers cette initiative, JVE réaffirme son engagement en faveur de la protection des écosystèmes fragiles et appelle à une mobilisation collective pour garantir un avenir durable aux générations futures.

